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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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60G LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

en Thessalie, et en y comprenant les Tartares de Crimée, et les Tcher-kesses du Caucase. « Les Turcs, écrit M. Ch. Vogel (le Monde terrestre,« iii,498), à part la classe gouvernante, la plus mélangée quant aux ori-» gines, sont droits et honnêtes, dignes et graves dans leur maintien,» bienfaisants et charitables entre eux, hospitaliers, quoique d’un abord» froid et rempli au fond de dédain pour le ghiaour, d’une grande bra-» vonre et violents jusqu'à la cruauté quand la colère les emporte, mais» indolents et paresseux ; ils mettent leur bonheur dans la béatitude des» sens et dans une contemplation qui porte au sommeil des facultés et les» rend très superstitieux et esclaves de préjugés invétérés. Ils ont peu de» goût pour les voyages et n’entreprennent volontiers que celui de la» Mecque , commandé par la religion qui oblige chaque croyant de le faire» au moins une fois en sa vie. Trop imbus du sentiment de leur dignité» pour se permettre de danser eux-mèmes, les danses exécutées devant» eux par des femmes et les éclats d’une musique bruyante doivent être» compris cependant parmi leurs divertissements favoris. Ils aiment le» café, les sorbets, toutes les douceurs et tous les parfums, les fleurs, le» repos à l’ombre d’un platane, les fontaines jaillissantes, le bain, le nar-» ghilé et le tchibouk, auxquels la cigarette tend à se substituer, l’opium» et les boissons enivrantes, malgré la défense du Coran , qui leur interdit» expressément l’usage du vin. » — Les Juifs et les Arméniens, commer-cants et financiers, les Tziganes musiciens et artisans sont au nombred’environ 300 000. — Dialectes: Le turc est un idiome ouralo-altaïque,modifié par l’altération de l’arabe et du persan; les autres nationalités par-lent leur langue propre. Mais la langue française , malgré les tentativespersévérantes de certaines puissances, continué à être employée générale-ment, et l’enseignement du français est obligatoire dans les écoles supé-rieures turques, grecques et arméniennes. (Voy. plus loin Instructionpublique.) — Cultes : La majorité est de religion grecque, mais les Rou-mains, les Serbes, les Hellènes ont leurs églises nationales ou autocé-phales qui ne relèvent que du patriarche de Constantinople. Il y a2500 000 musulmans (Turcs, Albanais, Tziganes, Bulgares); 450 000 catho-liques romains (Bosniaques, Albanais, Bulgares, Arméniens, etc.) — Instruc-tion publique : Elle est fondée sur la religion ; aux mosquées se ratta-chent les écoles supérieures ( médressé ), comme les hospices ou imarets,et les établissements de bienfaisance. Les médressés sont les séminaires deVouléma; les élèves ou softas s’y préparent à devenir imans, cadis oumollahs ;— l’enseignement primaire se donne dans les meklebs, écolesgratuites; — l’enseignement secondaire ou spécial dans le collège deta sultane mère, les écoles du génie militaire et civil, l’école nau-tique de Ilalki, l’académie de droit, l'école des langues, l’école de méde-cine et le lycée de Galata-Séraï, à Péra , dont les professeurs sont pourla plupart français . — Les communautés non musulmanes entretiennent àleurs frais de nombreux établissements scolaires ; les banquiers arméniens,et les Grecs surtout qui en ont fondé plus de 200 pour les garçons et lesfilles dans la capitale seule, avec 2000 professeurs, et y dépensent prèsde trois millions de francs par an, fournis par des souscriptions privées.L’Alliance Israélite et les congrégations catholiques ont crée à Constanti-nople, Andrinople, Salonique, Varna, Bourgas , de nombreuses écoles quicontribuent au maintien et à l’extension de notre langue dans le Levant.L 'Alliance française, récemment fondée à Paris , a décidé la fondation dechaires et d’écoles à Constantinople et dans tout le Levant ; elle a envoyéet entretient à ses frais un professeur qui enseigne la langue française