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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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T08 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Nous complétons cette description du Bosphore par l’extrait suivant surles palais de Thérapia, emprunté au charmant ouvrage de M. de Mouy :

« Plusieurs représentants diplomatiques ont leur maison de campagne» à Thérapia ; celle du ministre d'Italie, an milieu du quai, présente une» façade rectiligne, de moyenne grandeur, mais de belle apparence, et une» terrasse assez longue au bord de l’eau. Derrière elle s’élèvent des jardins» et des espaliers qui se déploient comme un décor. L’ambassade de France « occupe un yali turc, d'ancienne construction, qui a jadis appartenu aux» princes Ypsilanti ; après la mort tragique du possesseur, ancien hospo-» dar de Valachie, la Porte , qui avait confisqué la maison, l’offrit à la» France , en témoignage de reconnaissance pour l’énergique concours que» le général Sébastiani, alors ambassadeur de Napoléon I er , avait prêté au» gouvernement ottoman , en 1806, lorsque la Hotte anglaise était venue» mouiller devant la Pointe du Sérail. Cette demeure, recouverte par un» large toit en saillie, est très peu élevée, et son aspect est extrêmement» simple. Elle n’a qu’un seul étage percé de nombreuses fenêtres au-dessus» d’un entresol très bas qu’il surplombe- plusieurs salons en occupent la» plus grande étendue : l’un d’eux, situe à l'angle de la maison, est une» véritable lanterne d'où l’on aperçoit par dix-huit ouvertures tout le pa-» norama du détroit. Un vaste parc répand ses ombrages .touffus sur le» haut de la colline; à mi-côte, sur une large terrasse, s'élèvent des pins» d’Italie séculaires; à leurs pieds, on a une vue immense, d’un bleu in-» comparable, et l’on entend de là, à travers le silence, le murmure mono-» tone des flots qui arrivent lentement de la mer.

» Le palais d’Angleterre est tout voisin de celui de France , mais il est» beaucoup plus vaste. Construit il y a peu d’années, cet édifice un peu» surchargé de tourelles et de balcons est adossé, comme le nôtre, à une» haute colline boisée et entourée de charmants jardins. C’est le point de>• Thérapia d’où l’on voit le mieux l’entrée de la mer Noire : il est situé» presque en face de l'extrémité du détroit.

» Plusieurs villas qui suivent l’ambassade d’Angleterre terminent le vil->> lage de Thérapia, et la route qui longe le Bosphore se continue en sui-» vant d'abord un coteau aride, puis un repli de la montagne que de» magnifiques arbres couvrent de leur ombre, jusqu'à une large vallée où» s’ouvre la route de la forêt de Belgrade . Nous nous écartons un moment» du Bosphore pour parcourir le grand chemin de la forêt. A l’entrée, au« bord de l’eau, s’étend une prairie quelque peu marécageuse, recouverte» d'une herbe épaisse, et où se dresse un platane gigantesque. D’une même» racine sortent trois énormes troncs dont vingt hommes se tenant par la» main feraient à peine le tour. Ces masses vénérables forment un vaste» ombrage. Crevassés, ravagés à l’intérieur par le travail du temps et aussi» par les feux que les pâtres ou les soldats de passage ont allumés tant de

mort à N’eullly en 1872. Il fut un des plus fervents adeptes de l’école romantique,collabora activement à de nombreux journaux, auxquels il donna des articles delittérature et d’art, des romans et des poésies. Théophile Gautier employa sesloisirs à faire de nombreux voyages qui lui ont fourni la matière de récits pleinsde verve, de grâce et d’esprit : Caprices et zigzags (in-8°, 1815) ; Voyage en Es-pagne, publié d’abord sous le titre Tra los montes (1843 , 2 vol. in-8“); Italia (1852, in-18) ; Constantinople (1853, in-18) ; Loin de Paris (1864, in-18) ; Quandon voyage , souvenirs de Suisse, de Grèce et d’Algérie (1805, in-18). Voyage enLlussie (1866, 2 vol. in-18); l'Orient (1876, 2 vol. in-8°, recueil posthume); sespoésies complètes ont été publiées en 2 vol. in-18 (1S75-76).