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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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TURQUIE D’EUROPE .

pas à Constantinople ? Pour peu qu’un incident ait quelque im-portance, le vali doit payer de sa personne 1 2 * * * * * .» (Albert Dumont 2 , leBalkan et l’Adriatique, ch. n; Paris , in-18, 1874, Didier.)

3° BIBLIOGRAPHIE. — CARTOGRAPHIE

About (E.). De Pontoise à Stamboul. — (Paris , in-13, 1SS4, Haclictto.)Allard (C.). La Bulgarie orientale. — (Paris , 1864, in-12.)

Amicis (E. de). Constantinople; tr. de l’italien par M mo Colomb. — (Paris , 1S83,in-i°; Hachette ; ill., in-18, 1883, 2 8 éd., Id.)

1. Les Rureanx de la 1*01*10.— « Dans ce vaste bâtiment où siègentle grand vizir, le ministre des affaires étrangères et quelques autres administrations,une foule incessante sc renouvelle; les longues galeries délabrées sont toute lajournée remplies de solliciteurs et d’agents de tous ordres ; les mendiants même ontenvahi cette enceinte et s’y installent dans les coins et le long des fenêtres. Ony rencontre en même temps les principaux personnages de l'empire, les pachas encongé, les ambassadeurs, ministres et drogmans des puissances étrangères : cesont des séries de salles des pas perdus. Entrez dans un bureau, vous y voyezles employés qui écrivent sur leurs genoux ; le cabinet des hauts fonctionnairesest toujours plein d'une multitude de gens rangés le long des murs, clients ousolliciteurs, qui attendent leur tour dans l'attitude la plus humble et la plus dis-crète; peu de meubles, quelques tables, peu de papiers. Les archives sont ren-fermées dans des sacs d’où l'on extrait à grand’peine les pièces indispensablesenfouies pêle-mêle; on s’y retrouve comme on peut. Le rôle des gens qui ontune affaire à traiter avec la Porte n’est pas enviable ; ils passent des journées en-tières sans parvenir à aborder le haut fonctionnaire dont ils ont besoin; mais ilsne se lassent pas ; on ne saurait s’imaginer leur merveilleuse patience ; on en voitqui s’accroupissent à la porte d’un bureau, et y restent depuis le malin jusqu’ausoir à fumer des cigarettes, jusqu'à co que leur homme sorte; ses rebuffades neles troublent pas; ils reprennent leur faction avec la même tranquillité lejour suivant, toujours persuadés que si on ne leur accorde pas ce qu’ils désirent,c’est qu’on ne le veut fins, mais qu’on finira par le vouloir. Ils en arrivent, enefFet, souvent à emporter par leur obstination, parleurs plaintes réitérées, le suc-cès de leur affaire; on leur cède pour s’en débarrasser, et c’était bien là ce qu’ilsavaient espéré. Les fonctionnaires, que ccs malheureux regardent d'un œil sirespectueux et si soumis, ne sont pas d’ailleurs des gens très fortunés; harcelés parle public, ils sont peu payés par le gouvernement, qui leur doit quelquefois plu-sieurs mois d’appointements, et ils se voient alors ouligés de vendre leurs droitsà des juifs qui les achètent à prix réduit ; on s’explique mal comment ils vivent ;devenus vieux, ils n’ont point de pensions de retraite, bien qu’on fasse sur leursémoluments la retenue proportionnelle. Ce sont, pour la plupart, des Arménienset des Grecs, d’une instruction assez médiocre. » (A. Dumont, Id.)

2. M. Albert Dumont, né à Seey-sur-Saône, en 18-12, mort à Paris en 18S4,

membre de l’Institut, fut directeur de l’Ecole française d’Athcnes (1875), et prin-

cipal fondateur de celle de Rome, recteur des Académies de Grenoble et de Mont-pellier (1878), avant d’ètro nommé directeur de l’enseignement supérieur au minis-tère do l’Instruction publique (1870). Il a collaboré avec une haute compétence et

une activité infatigable à toutes les grandes réformes de l’enseignement supérieur

déjà accomplies ou en voie de s’accomplir. Ses principaux ouvrages sont :

l'Èphébie attique; les Céramiques de la Grèce propre , œuvre inachevée; le Bal-/can et VAdriatique ; et l’ouvrage patriotique l'Administration et la propagandenrussienne en Alsace (1871), publié au lendemain delà guerre par le savantnelléniste, qui avait servi et combattu en Champagno et sous les murs de Paris

assiégé.