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analogie de climat, d’une monotonie de structure, impossible àrencontrer à pareil degré sur de pareils espaces. De l’énormemuraille du Caucase à la Baltique , cet empire, à lui seul presqueaussi grand que le reste de l’Europe , présente dans ses nom-breuses provinces moins de variété que les nations occidentalesdont le territoire est dix ou douze fois plus petit. C’est l’uniformitéde la plaine. L’ouest est plus tempéré, plus européen ; l’est plusaride, plus asiatique ; le nord est plus froid, le sud est plus chaud ;mais, sans abri contre les vents du nord, le sud ne peut différerde lui par les aspects et la végétation d’une manière aussi frap-pante qu’en France, en Espagne ou en Italie. La Russie a des étés ;au nord du Caucase, on pourrait dire qu’elle n’a point de midi.
On pourrait compter en Russie dix ou douze régions naturelles distinctessoit par l’aspect physique, soit par le climat ou la nature du sol. M. Leroy-Beaulieu les ramène à deux groupes, à deux grandes zones embrassant toutela Russie d’Europe, et présentant le plus singulier contraste. L’une est larégion des forêts, des polessia, occupant le nord et la plus grande partiedu centre et s’abaissant vers l’ouest jusqu’à Kief ; elle commence vers le 65°degré de latitude; au delà aucun arbre ne résiste à la permanence et à l’in-tensité du froid. « Dans le voisinage de la Sibérie , des deux côtés de l’Ou-» ral, il n’y a que des toundras , déserts marécageux où la mousse cache» une terre presque perpétuellement durcie par la glace. A ces latitudes» point de culture possible, nul autre pâturage que le lichen, nul autre» bétail que le renne, dont ces contrées boréales sont devenues la seule» demeure. »
Les arbres les plus communs de la Russie sont le pin sylvestre et lebouleau, avec lesquels alternent souvent le sapin, l'aulne, le tremble et lemélèze; plus au sud apparaissent le tilleul, l’érable, l’orme, et vers lecentre, le chêne. « Il y a dans ces régions, surtout dans le nord-est, des» forêts que jamais lepied de l’homme semble n’avoir foulées, d’immenses» forêts vierges que le manque de voies de communication laisse aban-» données à elles-mêmes, mais des forêts clair-semées, diffuses, inler-» rompues par de vastes landes où ne viennent que de maigres brous-» sailles. »
Dans cette zone l’hiver dure la moitié de l’année ; le sol est parfois200 jours sous la neige ; la culture est pauvre, la végétation chétive, lefroment rare ; les seules céréales de cette ingrate contrée sont l’orge et leseigle; le lin seul y prospère. Les habitants sont rares et disséminés sur devastes espaces.
La seconde zone est la région déboisée ou la région des steppes occu-pant tout le sud de la Russie , plus plate encore que la précédente, sauf laramification granitique des Balkans qui embarrasse de cataractes la naviga-tion du Dniépr . « Rien ne limite ces surfaces à perte de vue que l’horizon» qui se confond avec elles. Aucune proéminence, si ce n’est dans certaines» contrées, de pelites collines artificielles appelées kourganes , innombra-» blés tertres arrondis, de 6 à 12 ou 1S mètres de haut, qui parfois semblent» disposés sur une ligne régulière comme pour marquer un chemin à travers» ces solitudes, tombes de peuples éteints ou phares de routes perdues,