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de la surface de la mer Noire . Cette steppe ouralo-caspienne estde toute la Russie d’Enrope la partie la plus sèche, la plus dénuéede bois, la plus exposée à des saisons excessives. C’est une con-trée décidément asiatique par le sol et le climat, par la flore etla faune, comme elle l’est encore par la race et le genre de viede ses habitants. S’il y a de ce côté une limite naturelle entrel’Europe et l’Asie, ce n’est pas au fleuve Oural qu’il la faut cher-cher, c’est aux extrémités de cette concavité Caspienne , prolon-gement du désert de l’Asie centrale ; c’est au point où le Don etle bas Volga se rapprochent le plus l’un de l’autre, sans quel’art ait encore pu les réunir, si nette est la délimitation phy-sique des deux régions où ils coulent.
» De l’autre côté de la mer d’Azof, la moitié septentrionale dela Crimée et les côtes adjacentes entre l’isthme de Pérécop etl’embouchure du Dniéper forment une petite région, qui n’estguère moins rebelle à l’agriculture, comme un autre morceaude l’Asie transporté au nord de la mer Noire . Des montagnes dusud de la Crimée et du Caucase au tchernoziom encore steppien,les steppes infertiles occupent en deçà du fleuve Oural près de400 000 kilomètres carrés qui ne comptent pas 1 500 000 habi-tants. Sur toute cette surface, le reboisement, facile dans letchernoziom, possible encore dans les steppes à sol analogue,devient entièrement impraticable. Impropres à l’agriculture etpresqu’à la vie sédentaire, ces vastes espaces, comme les partiesvoisines de l’Asie , ne paraissent convenir qu’à l’élève du bétailet à la vie nomade. Aussi de toute la Russie d’Europe sont-celes seules contrées qui soient demeurées jusqu’à nos jours habi-tées par les tribus nomades de l’Asie , les Kirghizes et les Kal-mouks, et jusqu’à ces dernières années par les Tatars de Criméeet les Nogaïs. Sur ces steppes, ces Asiatiques semblent aussi bienchez eux que dans leur patrie originaire et ils y mènent natu-rellement la même vie, conduisant leurs troupeaux brouter lesherbes des sables ou les plantes salines qui sur le sol aride pous-sent en petits îlots ou en touffes. Avec le sol le plus ingrat, cessteppes ont le ciel le plus inclément, subissant tour à tour l’in-fluence des glaces de la Sibérie et des chaleurs de l’Asie centrale .Pour tout bien, elles n’ont que leurs troupeaux de moutons,nourris sur un sol maigre et exposés à tous les contrastes duclimat le plus excessif, souffrant souvent de la soif en été, et enhiver souvent dispersés par les tempêtes de neige ou ensevelispar les montagnes mouvantes qu’elles soulèvent. En dehors des