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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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RUSSIE .

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des rives de la mer Glaciale à celles de la mer Noire , la vigne,qui, sur les bords du Don et même en Bessarabie , ne trouveencore qu’un abri précaire, — le mûrier, l’olivier. Il semble queles diverses zones de culture, ailleurs désignées par ces troisarbres, se soient rapprochées et réunies sur les pentes de cesmontagnes comme pour dédommager la Russie de la monotoniede ses plaines. Il y a peu de plantes qu’on n’ait acclimatées dansles jardins suspendus sur la mer de la Corniche de Grimée. Dansla Transcaucasie , on cultive avec succès le coton et la canne àsucre, et les marchands russes ont déjà parlé d’y introduire desplantations de thé. » (Anatole Leroy-Beaulieu , la llussie et lesRusses. —Revue des Deux Mondes , 15 août 1873.)

Al'iilianïcl et la Onina.

Le navire qui vient de l’océan Glacial du nord et se dirige vers la nierlilanche, passe entre le cap Kanin et la Pointe-Sacrée (Swiœtoi Noss), etlaissant à droite la presqu'île de Kola, à gauche la terre des Samoyèdes,pénètre dans le Corridor, long canal qui conduit dans la mer blanche oumer de Glace. Vers le nord-ouest, le golfe de Kandalaskaïa s’enfonce pro-fondément dans la Laponie russe; « le sol est un fouillis de rocs énormes,de marécages profonds et sombres; » sur les pentes croissent de maigre:lichens, dont se nourrissent les rennes; eà et là des bouquets de pins et debouleaux rompent la monotonie de ce paysage glacé. Aucun fruit, aucuneculture; les habitants passant l'été sous des tentes de peaux de rennes,blottis l'hiver sous des huttes en forme de pyramides faites de troncs d'ar-bres, sont nomades, et vivent de gibier et dè poisson; leur grossier painde seigle, mets de luxe, est importé d'Onéga ou d'Arkhaugel. Les femmeslaponnes, vèlues, comme les hommes, de pantalons de peaux de phoque etdo tuniques de peaux de renne, s’adonnent pour la plupart à la magie, etpassent aux yeux des pécheurs des mers arctiques pour des sorcières redou-tables qui prévuient la tempête et poussent les navires contre les écueils.

Au sud, s'ouvrent les larges baies de l'Onega et de la Owina, où se per-dent les deux rivières et que dominent les deux ports marchands ; la pre-mière de ces baies est semée de rocs et d'iles de sable, tels que Angersk.Moksaltna, Zaet, Solovetsk; celle-ci porte un couvent célèbre, dont luchâsse vénérée attire en pèlerinage monarques et mendiants; d'après lalégende, « c’est dans ces vastes corridors, dit M. Dixon, que l’on voit errer» le spectre solennel dont la seule pensée fait tressaillir d'effroi le cosaque» sous sa lente, le pécheur de morue dans sa barque fragile. >> A l'orienl.des bouches de la Dwina aux monts Durais, s’étend l'immense régiondésolée où errent les Samoyèdes et les Zaraynv, peuples à demi sauvages,qui n’ont pas de demeure fixe, habitent sous” dès tentes ou dans des cabanesde bois, et se nourrissent de renne cru. « Dans les replis de leur sol, la» neige ne fond jamais; et les rivages, qui se développent sur une longueur» de prés de sept cents licites, sont pendant huit mois sur douze, fermés» par des chaînes de glace. En juin, quand l’hiver s’éloigne, les versants» de quelques vallons privilégies se tapissent de mousses; étroites et rares» mouchetures vertes s.ur un fond de rochers nus, de neiges sales et grises.