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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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770 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

» Ces mousses précieuses, ces lichens nourrissent le renne, chameau de la» zone polaire, qui fait vivre les rudes habitants du pays. » (II. Dixon.)

La Dwina forme, à son entrée dans la mer, un delta d'iles et d’ilots àtravers lesquels ses eaux coulent par une douzaine de canaux fréquemmentobstrués. Leur profondeur varie d’une saison à l’autre; le bras le plus navi-gable est celui de Maimax. Une tour récemment construite au delà de labarre du fleuve, porte un phare de quatre-vingts pieds, qui s'enveloppesouvent d’un impénétrable manteau de brouillards. Les rives du delta sontbasses et verdoyantes, bordées çà et là d'un rideau de pins séculaires; lespetits villages, les moulins à vent abondent.

Le bras de Maimax, pendant la saison navigable est sillonné de radeaux,de praams ou embarcations à toit de planches, de trains de bois de sapins,abattus à trois ou quatre cents lieues au sud, dans les vastes forêts deYologda et de Nijni Konetz. Praams et trains chargés d’avoine, de lin, degoudron, de nattes ou de fourrures, servent de transports aux nombreuxpèlerins qui viennent des hautes terres; le courant de la Dwina les amènejusqu’à Solombolo, port d’Arkhangel. Là, les embarcations « livrent leur» fret aux navires etrangers qui les attendent et dont la plupart ont pour» destination le Forth, la Tyne et la Tamise . Le praam est ensuite amarré» sur la rive, dépecé et vendu. La meilleure partie du bois sert à élever des» hangars. Le reste alimente les cuisines ou les poêles. » (11. Dixon.)

« Au premier coup d’œil jeté sur la rive d’Arkhangel, vousêtes frappé de la multitude de clochers et de dômes, clochersinvariablement dorés, dômes de toutes couleurs, et en si grandnombre qu’on ne peut s’empêcher de les croire hors de propor-tion avec le nombre des habitants...

» ... Arkliangel n’est ni un port, ni une ville, dans le*sensque nous attachons à ces mots. On n’y voit point, comme à llullou bien à Hambourg , une innombrable quantité de docks, d’en-trepôts, de boutiques, de voitures, le tout animé par un com-merce intérieur actif. Arkliangel est un camp de magasins grou-pés autour d’un amas de beffrois, de coupoles et de dômes.Imaginez, le long d’un fleuve sombre, un vaste marais parseméçà et là de petits îlots d’argile ; élevez sur ces monticules des édi-fices décorés de fresques, couronnés de croix et de coupoles ;remplissez l’espace qui sépare églises et couvents avec des pilotiset des planches, de manière à réserver une superficie suffisantepour les jardins, les rues, les cours; ouvrez deux larges voiess’étendant sur une longueur de trois à quatre milles; peignezles murs des édifices religieux en blanc, les dômes en vert et enbleu; entourez les maisons de jardins sans clôture; enfin placezdevant chaque fenêtre un géranium, un fuchsia, un laurier-rose;laissez le gazon croître partout, dans les rues et. sur les places...et vous aurez Arkliangel.

» Sur les monticules d’argile dont nous venons de parler,