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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
clairière d’où l’œil plonge dans quelque verte vallée, au fond dolaquelle sommeille un joli lac. Des senteurs de foin remplissentl’air... A chaque tournant du chemin, nous trouvons une croixdélicatement sculptée et peinte en rouge; à l’extrémité de tousles sentiers s’élève une chapelle aux vives couleurs qui sert deretraite à un ermite. Un doux et profond silence règne sur laterre et dans le ciel. Nul moine dans ce sanctuaire ne mène unevie oisive. Autour de l’enceinte intérieure s’élèvent des ateliersdans lesquels le bourdonnement du travail se fait entendre depuisl’aube jusqu’à la nuit noire: forges, construction de bateaux,tissage, corderie, cordonnerie, couture, laiterie, salaison, bras-serie, conservation de fruits, etc., tous les métiers utiles àl’homme s’y trouvent réunis, et même les moines emploientbeaucoup de procédés de l’industrie moderne... »
Ces religieux façonnent des capuchons et des ceintures en peau dephoque; ils font dés peintures à l’huile et sculptent sur bois; ils tannent lecuir, tricotent des bas de laine, fondent des arbres en fer; iis savent filerle chanvre et le lin, polir la pierre, tailler des souliers et des chaussons defeutre, fabriquer des assiettes et des plats d'étain; ils s'entendent à con-server les fruits, à découper des fleurs de papier, à construire des voitureset des traîneaux, à cuire la brique, à tresser des paniers et des corbeillesavec l’écorce du sapin argenté, ils extraient et taillent des blocs de pierre;abattent et dégrossissent les arbres de leurs forêts ; ils font des plans d’autels,d’églises, de couvents, épurent la cire d’abeille, fabriquent des câbles,forgent des ancres, enfin ils tricotent, cousent, et emploient leur aiguillelaborieuse à tous les arts utiles ou décoratifs. Dans ces diverses branchesd’industrie, ce qui sort de leurs ateliers est un modèle de soin, d’applica-tion, de travail consciencieux.
« Plusieurs des pères trouvent l’emploi de leurs aptitudes pour la vie» agricole; ils élèvent des bestiaux, tondent les moutons, engraissent la» volaille, battent le beurre et fabriquent du fromage; d’autres cultivent les» pommes de terre, taillent le gazon, conservent les fruits, soignent lesx abeilles. Le miel du mont Alexandre est pur, aromatique ; la ciré, blanche» et fine. »
M. Dixon vante aussi leurs boulangeries, leurs brasseries on ils fabri-quent le kroas, ia boisson nationale, qui est à la fois pour le Russe « labière et l’ale, le cidre et le vin »; ils excellent dans l’art de la sculpture surbois et de la vannerie, de la construction des bateaux et des fanaux oubouées. Ils apprennent à lire aux enfants qui séjournent à Solovetsk, lesengagent comme ouvriers dans ies fermes ou sur les bateaux de pèche, etles renvoient, s’ils le désirent, en état de se tirer d’affaire.
La Sléva : la bénédiction des eaux.
« Endossez votre pelisse, relevez-en le collet, descendez jusqu’àvoire sourcil votre bonnet fourré et hélez le premier isvochtchik