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Les foires qui étaient au moyen âge si nombreuses et si fréquentées dansla plupart des pays de l'Europe, disparaissent de jour en jour, à l’Occi-dent surtout, à mesure que les moyens de communication se développent,que les populations deviennent plus denses, et que les centres commerciauxse multiplient. 11 en est plusieurs que la tradition seule perpétue et qui nesont plus guère que des fêtes locales périodiques. La Russie n’a pas échappéà la loi économique générale, toutefois la décadence des foires est plus lenteque dans le reste de l’Europe . « Plus on avance vers l’est, écrit M. de Cou-» touly, consul de France à Saint-Pétersbourg , plus on rencontre des régions» où les foires gardent leur importance et la garderont fort longtemps. On» semble même endroit de penser que le système des grandes assemblées» commerciales périodiques aura toujours sa nécessité dans la majeure» partie de l’empire russe , grâce au concours des causes suivantes : l’im-» mense étendue géographique de cette contrée, la condition essentielle-» ment agricole du pays, où les villes ne tendent pas à s’accroître rauide-» ment, sauf quelques exceptions, enfin le caractère particulier du climat» qui ramène chaque été, par la réouverture des voies navigables, une» période d’échanges très animée, suivie d’un long repos. » {Bull, con-» sulaire, 3° fasc., 1883).
La foire de Nijni-Novgorod est la plus considérable de la Russie , del’Europe , et peut-être du monde entier. Instituée en 1624 dans la petiteville de Saint-Macaire (Makarief; elle fut transférée à IVijni en 1826. Lesprogrès des affaires ont été constants depuis cette date; la valeur des mar-chandises arrivées sur le marché était en 1697 de 80 000 roubles; en 1741de 490000, en 1857 de 87 millions; en 1865, de 112; en 1875, de 169; en1880, de 200; en 1881, de 246. Le mouvement des visiteurs n’a pas gardéles mêmes proportions; il était en 1839 de 252000 personnes, en 1875 de224000; en 1880 de 180 000. Ces chiffres n’indiquent pas que la foire estmoins fréquentée qu’autrefois, mais les chemins de fer et les canaux à va-peur du Volga emmènent le soir ou le lendemain les visiteurs arrivés lematin ou la veille qui jadis séjournaient à la foire plusieurs semaines. Lescotonnades russes, les métaux de l’Oural, le thé de la Chine , les vins, lescuirs, les pelleteries, les tissus, les objets de fabrication asiatique sont lesprincipaux articles de commerce qui alimentent la foire. « Le commerce» européen à Nijni-Novgorod (en dehors de la Russie ) est surtout repré-» sente par l’élément germanique. Les Allemands y fourmillent, tandis que» peu de maisons françaises y envoient des agents. On demande les causes» de l’infériorité de nos exportations en Russie ; la principale est que nous» manquons d’agents sachant le russe, connaissant bien le marché russe et>> parfaitement versés dans l’art de traiter avec les Russes . Nos produc-» teurs et nos négociants attendent la commande chez eux ou se servent» d’intermédiaires à poste fixe établis dans quelques grandes villes, Saint -» Pétcrsbourg, Odessa, Riga; mais l’Allemagne inonde chaque année la» Russie de ses commis-voyageurs, dont beaucoup naturellement visitent» la foire de N'ijni. » (De Coutouly.)
» ... Cette grande cité marchande, avec ses trois mille bou-tiques en briques, surmontées de chambres garnies ou non, maistoutes à la disposition des étrangers, doit ressembler, pendantdix mois de l’année, à une ville abandonnée ou maudite. On sotromperait en tout cas grandement, si l’on se représentait d’a-