"02 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
étrangers en Russie que ce s guerriers du Caucase chantés parLermonof, ce sont des Russes d’une province éloignée. Les Ar-méniens non Russes , et les Persans, dont le teint est cuit par lesoleil, promènent aussi un peu partout sur le territoire de l’em-pire leur haut bonnet en astrakhan, pointu comme un cône oulégèrement renfoncé au sommet. Quant aux Chinois, comme l’onsait, ce sont des maisons russes établies en Chine , dont beau-coup même ne font qu’exploiter leurs propres plantations, qui sechargent à présent do l’expédition et de la vente du thé. Ce quiattire et mérite peut-être le plus l’attention en fait de cos-tumes inédits pour les Européens de l’ouest, ce sont tout simple-ment ceux des Russes eux-mêmes. Encore les costumes fémininsse font-ils bien vulgaires le long de ces magasins bourrés detoutes les séductions de l’indienne à bon marché, de toutes lesimitations des étoffes de Chemnitz ou de Manchester. Vousn’apercevrez pas dans toute la foire autant de femmes parées dece diadème cerclé de perles, du kokochnike, ni vêtues de cetterobe haute dont la taille passe sur la gorge, qu’en vous prome-nant un quart d’heure à Vevev, le long du quai. Par contre,vous verrez bon nombre de sœurs quêteuses, toutes affublées denoir et la tête cachée sous une sorte de cagoule, promener leurlugubre déguisement de pompes funèbres à travers l’indifférenceou la charité prompte aux aumônes des passants. Les seulesfemmes du peuple que vous rencontrerez, auront à peine elles-mêmes les bottes masculines et le fichu de rigueur noué sous lementon. Mais en revanche que de costumes d’hommes!
» Voici des gymuasistes ou collégiens venus pour jeter un coupd’œil sur la foire, et facilement reconnaissables à leur képi dont lapartie supérieure pend par devant, et à leur tunique bleue avecganse d’argent au collet. Un passepoil d’une nuance particulièredésigne les élèves des écoles professionnelles. Cà et là apparais-sent quantité d’officiers ou de tcJiinovnike, en casquette plate eten tunique de toile blanche, costume d’été très apprécié de toutce qui a un rang dans la hiérarchie militaire ou civile, mais quifaitbeaucoup plus songer aux’sables brûlants du Turkestan qu’auxglaces de la Sibérie . Pêle-mêle avec cet uniforme sautent auxyeux les haillons des mendiants qui, après avoir débuté par leChrista Radi 1 obligé, vous poursuivent de leurs instances en fran-chissant bien vite les trois étapes de l’insinuation et de la cajo-
1. Pour l’amour du Christ.