RDSSIE.
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resses inexpugnables pour les voleurs. Un excès de défiance etd’énormes cadenas sont en effet ici la meilleure sauvegarde dudroit de propriété, car, malheureusement, parmi les travailleursnomades qu’attire la foire, l’instinct de l’appropriation quandmôme et du communisme pratique semble très développé.
» Autant que possible, les marchandises ont été groupées,soit d’après leur analogie, comme substance, soit d’après leurcommunauté d’origine. Sur le quai de la Sibérie abondent tousles produits de la Sibérie . Un des quartiers les plus originaux, c’estle quartier chinois. Ce n’est pasquevous soyez destiné à y rencon-trer beaucoup de Chinois . Ce qui est vrai dans la ville chinoisede Moscou ne l’est guère, moins ici. Mais les pavillons y ont étéconstruits à la chinoise, avec des marquises et des toits à cornesrelevées. Quatre Chinois grotesques ou sérieux y figurent accrou-pis aux quatre coins. En outre, au-dessus de ce toit, surgit unkiosque que surmonte une lanterne carrée, à jour et à pointes,surmontée elle-même d’une hampe effilée. Les fers bruts etouvrés sont déposés à la belle étoile, sur le sable moelleux de lagrande île clel’Oka. Les magasins de pelisses, de touloupcs et depolou-chouboke se succèdent ailleurs sans interruption. Les or-nements d’église et les images de piété ont leur cantonnementspécial. Qua-nt aux cotonnades, dont les fabriques de Moscou etd’Ivanovo-Voznesenske approvisionnent la Sibérie, le Turkestan ,la Chine et une bonne partie de l’Asie , l’affluence des produitset l’encombrement des dépôts ont obligé de les répartir entredeux localités qui ne sont pas contigües.
» Aux Européens blasés qui ont pris l’habitude de se lamentersur la disparition en Europe des derniers costumes originaux etnationaux, je me permettrai de recommander une promenade doquelques heures ici. A vrai dire, ce ne sont peut-être pas destypes étrangers ou asiatiques qu’il faut s’attendre à y voir enmajorité, non pas cependant qu’ils soient rares ou dépourvusd’originalité. Mais les Circassiens et les Géorgiens à double car-touchière sur la poitrine abondent aussi dans l’entourage mili-taire du tsar, et, sur la Perspective Nevski 1 vous voyez déjà demagnifiques cavaliers du Caucase chevauchant en longue robede pourpre avec tout l’attirail de sabres et de poignards qui dis-tingue leur brillant armement, Ce ne sont plus d’ailleurs des