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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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794 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

incarnat, sirop de framboise, mauve sauvage, coquelicot des blés,truite saumonée, rouge brique, rouge homard cuit, toute lagamme du rouge y passe. Le rouge en effet, c’est le beau ; et lebeau, c’est le rouge. J’ai déjà dit que le même mot exprimait lesdeux idées. Mais je me garderai d’en conclure comme la Gazetted’Augsbounj , que, pour cette raison, la race slave n’a pas le sensdu beau et ne l’aura jamais. » (A. Legrelle, le Volga , notes surla Russie; Paris , 1877, in-8, Hacliette.)

lie impute «lu Caucase et le Temple du feu.

« Il est prouvé aujourd’hui que, de la mer Noire à la merCaspienne , existe une vaste nappe de naphte qui passe sous lesmontagnes du Caucase et s’étend même au delà de la Caspienne .Ce naphte se recueille en bien des points du Caucase, mais au-jourd’hui le principal centre d’exploitation se trouve aux envi-rons de Bakou , à Balahaneh, dans la presqu’île d’Apchéron.Hors de la ville, entre la route et la mer, s’élève un faubourg qiîilonge la plage et qu’on nomme la ville noire. Désignation desplus justes. C’est là que sont installées toutes les fabriques oùl’on distille le naphte brut amené de Balahaneh, soit dans desoutres, soit dans des barils chargés sur des arbas, soit aussi parun moyen évidemment plus pratique et tout à la fois des plussimples, qui consiste à le faire couler du lieu de production jus-qu’à destination à travers une longue conduite formée de tuyauxde fonte, posés à fleur de terre.

» Le nombre de ces distilleries est si considérable, la fuméequi s’en dégage est si épaisse, que l’air en est chargé et le cielobscurci. L’odeur est si forte qu’elle vous saisit à la gorge,quelque précaution qu’on prenne. Partout, sur le sol, on tra-verse des flaques, parfois de véritables ruisseaux de résidusliquides, qui, se mêlant à la poussière et au sable, forment unepâte molle, humide et noire, dans laquelle on enfonce jusqu’àmi-jambes. La population ouvrière de ces distilleries est considé-rable, et tous ces travailleurs indigènes, qui devraient par na-ture, comme les autres habitants du pays, être blancs ou légè-rement cuivrés, sont noirs comme de véritables nègres. Aprèsla ville noire, la route oblique légèrement à gauche et s’engage aumilieu de collines arides et pierreuses. Partout la même stérilité,la même nature désolée; pas une herbe, pas un arbre, pasd’eau; d’eau douce s’entend, car, entre les collines, dans les bas-