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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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RUSSIE .

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fonds, nous apercevons au passage quantité de petits lacs salés,dont la plupart, il est vrai, sont complètement desséchés danscette saison ; on peut même les traverser à pied sec. Les paysanset les ouvriers vont chercher là le sel qu’il leur faut pour leurconsommation personnelle.

» Enfin, nous voyons devant nous Balahaneli. Là, s’ouvrentdans le sol d’une colline arrondie environ six cents puits indé-pendants, mais resserrés dans un très petit espace. Au-dessusde chaque puits, une construction en hois très élevée, sorte dechapeau pointu d’une forme toute spéciale et do la plus bellecouleur noire, donne à tout le pays un air étrange, presquefantastique, qui vient s’ajouter à toutes ses originalités. Cescollines, ces boursoufllures de la croûte terrestre pourraient bienun beau matin, se dit-on, s’affaisser et disparaître. On sent sousses pieds comme une masse en perpétuelle fusion. »

Ou extrait l'huile par des procédés différents, suivant la richesse ou laprofondeur du puits : l’opération se fait d’ordinaire au moyen d’un treuilsur lequel s'enroule une corde au bout de laquelle est suspendu un cylindrede métal ; le treuil est mis en mouvement tantôt par des hommes, tantôtpar des chevaux ; le voisinage des gaz inflammables et les frais d’établis-sement empêchent l’usage des machines à vapeur.

» Certains puits sont artésiens, soit à jet continu, soit à jetintermittent. Avec ceux-là il n’est besoin d’installer aucun appa-reil pour puiser le naphte. Il faut, au contraire, des appareilspour empêcher l’expansion du liquide et la régler. En effet,quand on laisse.couler un puits artésien, le courant, au lieu des’épuiser, devient de plus en plus fort, le jet monte bientôt à30 ou 40 mètres en l’air, un jet gros comme le tuyau d’appel,c’est-à-dire de 10 pouces de diamètre (0 m ,25), et ce jet devientbientôt tel que rien ne peut plus l’arrêter. Le naphte retombe àterre, les moyens manquent pour le recueillir; il inonde tout,brise tout sur son passage; c’est un véritable torrent qui s’en vase perdre au loin dans les sables. Cela dure ainsi plus ou moinslongtemps, quelques jours ou quelques semaines; et, lorsqu’ilcesse enfin de couler, le puits est perdu, détruit, anéanti, letuyau arraché, les terres bouleversées; il faut tout abandonner 1 .

( 1. Parmi les faits les pins curieux dus à ces puits artésiens, on cite notammentl’accident arrivé en 1S72. Un puits commença à couler à cette époque et coulaitencore deux ans^après, en 1S74. Tous les jours (c’est-à-diro dans une période dovingf.-quatre heures), il déversait 35000 pouds ou 568000 kilogrammes de naphte,