80 a
» les primevères et les safrans printaniers poussent en février et» quelquefois en janvier, oùle chêne conserve quelquefois pendant» l’hiver ses feuilles vertes... Là, le laurier toujours verdoyant» s’associe à l’olivier, au figuier, au micocoulier, au grenadier,» au celtis; le frêne mammifère, le térébentliinier, le ciste à» feuilles de sauge, le fraisier arbousier poussent partout en plein» vent. Le dernier surtout occupe les rochers les plus escarpés, et» fait pendant l’hiver leur plus bel ornement par son feuillage» toujours vert et l’écorce rouge de ses gros troncs. Le noyer et» tous les arbres fruitiers sont les plus communs de la forêt, ou» plutôt la forêt n’est qu’un jardin fruitier abandonné à lui-même.» Les vignes domestiques et sauvages s’élèvent à l’envi sur les» plus gros arbres, et forment avec la viorne fleurie des guirlandes» et des berceaux sans aucun secours de l’art. »
» Voilà pour les beautés douces de cette Italie scytliique;mais elle a aussi ses Alpes , nous devrions dire ses Andes, car lachaîne du Tchatyr-Dagh est couverte de grands cratères éteints.Dans l’un de ces cratères, à Opliitone, le comte WoronzofT a eul’originale idée de créer un jardin de plaisance. Nous avons citéles volcans de boue de Taman ; la Crimée a aussi les siens, enface des premiers, près de Kerteli. Ce sont d’innombrables trousnoirs, vrais soupiraux d’enfer, recouverts de petits cratères coni-ques, d’où sort une boue épaisse, noirâtre ou grise, très bitu-mineuse. Le plus important de ces cratères, le patriarche dugroupe, n’a pas moins de S00 pieds de tour, et de 3d de haut...
» ... La topographie du pays donne le mot de ses divisionsagricoles; — le steppe, propre à l’élève des troupeaux, dans laplaine ; — la forêt, le long de la montagne ; — sur la pentedouce du nord, arrosée par de nombreux cours d’eau, les cul-tures de céréales; — enfin les vignobles, le long des coteaux dusud. Ces vignobles datent de loin; l’inscription de Kherson mentionne la culture de la vigne dans la Chersonèse . Les Génoiset les Tartares développèrent cette culture; plusieurs richesseigneurs russes ont acclimaté à grands frais dans leurs domainesde Crimée des ceps français , espagnols, allemands, sans grandsuccès. On récolte du johannisberg et du champagne autour deSondagh ; on évalue à 5 millions le nombre des ceps plantés enCrimée. » (X., Magasin pittoresque , 18oo, t. XXIII, p. 94.)
« La Crimée est une dépendance administrative du gouvernement de laTauride, qui s'étend au nord sur les vastes steppes des Tartares Nogaîs .Elle fut conquise par Catherine II , et systématiquement saccagée; la popu-