Buch 
L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
806
JPEG-Download
 

806 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

lation tomba de 400 000 individus à 10 000. Des colons de toute nation larepeuplèrent, Russes, Grecs, Arméniens, Juifs, Allemands ; ces derniers, annombre de 12 à 13000 environ, ont fondé les villes de Zurichlhal, lio-senlhal , Heilbronn ; mais les Tartares forment toujours la majorité de lapopulation. L’ancienne capitale des khans, Baktschi Serai, possède encoreles restes de l’ancien palais et la sépulture royale où furent inhumés laplupart des prédécesseurs du célèbre Krim-Geraï jusqu’à l’annexion mos-covite , en 1184.

» Au sud-ouest de cette ville, à laquelle un chemin de fer la rattache,Sébastopol ouvre son port sur la mer .Noire, et montre ses forts déman-telés, ses monuments effondrés, ses murailles croulantes. La cité héroïque,en grande partie détruite par les bombes françaises et anglaises, et aussipar la torche des Russes , ne s'est 'pas encore entièrement relevée de sesruines. Dans la baie de Karabelnaïa gisent les débris des docks qui avaientcoûté 18 millions. Plusieurs églises ont été reconstruites; sous la coupolede Saint-Wladimir reposent les trois grands amiraux qui furent tués sia-les bastions pendant le siège : Kornilof, Istumine , Nakhimof; devant lescasernes de la baie du sud, s'élève la gigantesque statue de bronze del’amiral Lazaref, le véritable fondateur de Sébastopol , qui, de 1S31à 1851, éleva les redoutables forts à l’entrée de la rade, construisit lesdocks et le grand aqueduc qui allait chercher l’eau de la Tchernaïa à sessources, et créa la flotte de la mer Noire. De l’autre côté de la rade, à l’ex-trémité de la Karabelnaïa, s'élevaient jadis les formidables bastions deMalakof « le Grand-Redan », les redoutes du Mamelon-Vert et les ouvragesBlancs, où Français et Russes se firent, des mois, cette guerre souterrainede pétards et de'mines qui a retourné le sol comme par une série d’érup-tions volcaniques. Il ne reste plus trace des remparts, témoins des luttesfurieuses et des escalades triomphantes; à la place on a construit des en-trepôts de céréales, une gare-monumentale, des promenades publiques.Plus loin sont les cimetières : le cimetière russe, dominé par une égliseen pyramide portant sur ses faces huit plaques de marbre noir qui rap-pellent les pertes des régiments pendant le siège; les cimetières anglais ,dispersés et presque abandonnés, où les moutons des Tartares viennent paitresur les sépultures renversées; le cimetière français , au contraire, mon-trant de loin ses massifs de verdure : « partout dés allées bien alignées.» des fleurs, des arbres, des acacias, de la vigne avec ses grosses grappes ;» c’est moins un cimetière qu'un jardin, presque le seul jardin du pays,» Les habitants de Sébastopol en ont fait un but pour leurs promenades» du dimanche. Au centre s'élève une grande chapelle carrée, sur les quatre» face de laquelle sont gravés les noms des officiers généraux qui périrent» dans cette guerre. » (A. ILambaud.) ,

Au fond de la baie, à l’est de Sébastopol, dans la vallée marécageuse que traverse l'étroite et fangeuse Tchernaïa (la Noire), apparaissent au-dessus d’un immense rocher les ruines de la forteresse d'Inkerman. Lerocher est percé de haut en bas, sur une longueur de plusieurs centainesde mètres, d’une multitude de cavernes capricieusement disposées. « Ondirait un nid de frelons avec ses alvéoles ouvertes. » Tous les peuples,Scythes, Grecs, Arméniens, Romains, Byzantins, Génois, Tatars et Turcs,se sont disputé ces remparts. Des églises chrétiennes sont creusées dans leroc de cette montagne, dont les cavernes ont servi de cryptes et de cata-combes aux chrétiens, de refuges aux vaincus, de lieux de pèlerinage auxdévots et de résidence aux ouvriers du chemin de fer. Aujourd'hui lamontagne est envahie par une légion de carriers qui en découpent la belle