pierre blanche, facile à scier et durcissant à l'air, et feront peu à peu dis-paraitre les galeries curieuses des anciens troglodytes.
La Crimée méridionale fut célèbre dans l'antiquité. Elle portait le nomde Cbersonèse Heraclêotique, du nom d’Hercule , et elle était séparéede la Cbersonèse Taurique par une vaste muraille qui s'étendait d’In-kerman à Balaklava. Il ne reste aucune trace de ce mur. Les Russes ontachevé l’œuvre du temps, et construit des maisons et des bergeries avecles pierres arrachées aux remparts de Chersonesus, d’Eupatorium et destemples de Diane tauropolitaine, bâtis par des Grecs émigrés. Les marbreschargés d'inscriptions ont été brisés et enfouis dans les fondations de Sé-bastopol . Prés du promontoire Sacré, sur un pli de la roche qui domine lamer, s'élève le monastère de Saint-Georges, et à l'est s’ouvre la vallée deBalaklava, toute verdoyante de jardins et de vergers.
« En face du port s’élève la ville avec ses maisons échelonnéesles unes au-dessus des autres, et possédant toutes un balcon etquelques arbres. Vu de ces balcons, le port, dont on ne distinguepoint l’étroite issue, ressemble à un lac de l’Ecosse resserréentre des montagnes escarpées. Sur les hauteurs qui bornentl’entrée du coté de l’est, on aperçoit les restes d'une forteressebâtie anciennement par les Génois... Aujourd’hui la ville génoiseest devenue une ville grecque. Une troupe de hardis pirates,originaires delà Morée et de l’Archipel , avaient rendu de grandsservices aux Russes pendant la guerre do 1770; après le traitéde Koutcliouk Ivaïnardji, Catherine, assez embarrassée de sesauxiliaires, les établit à Balaklava, où on les employa principa-lement à surveiller les mouvements des Tartares. Plus tard, cesaventuriers furent rejoints par plusieurs de leurs compatriotesde Misitra et des îles de Zante et de Céphalonie , et Balaklavadevint ainsi le chef-lieu d’une petite colonie qui s’est perpétuéejusqu’à nos jours, sans mélange de Russes ni de Tartares, et quicompte environ 000 familles. »
Le- littoral de la Crimée, monlueiix et escarpé, court parallèlement auxgrandes montagnes de l’intérieur ; il est bordé de villages et de ports, dontles anciens vantaient déjà la fertilité et le charme.
« C’est d'abord la classique vallée de Baïdar, célébrée par lesvoyageurs sous les noms pompeux d 'Arcadie taurique et deTempe criméenne... D’un côté, la beauté sévère des montagnes;de l’autre, l’aspect riant de la vallée; les nombreux cours d’eauqui l’arrosent et dont le plus important, la Tchernaïa, va se perdredans les bassins de Sébastopol ; la pureté de l’air, la douceur duclimat; cette suite de prairies et de riches champs de blé coupés
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