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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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furent enfin cédées en 1863 au royaume de Grèce. — Elles sont au nombrede 7 principales, flanquées d'îlots secondaires. En partant du nord :1° Corfou (Corcyre), de formes triangulaires, ayant 65 lieues de tour,longue de 20, large de 10, présente les plus ravissants paysages et la plusriche végétation; « les orangers, les citronniers, s’étendent en odorants>> bosquets, les vignes et les oliviers revêtent les rochers grisâtres des» collines, d'opulentes moissons ondulent les plaines. » L’ile de Corfou est très accidentée; la plus haute montagne est le Pantocrator, 911 m.,couronné par un couvent ; de la cime, par un temps clair, on aperçoit lacôte d'Italie , les monts Acrocérauniens et les vallées albanaises. —2° Paxo, petite, escarpée, ayant la forme d’un œuf; — Leucade ouSainte-Maure, liée à la terre ferme par des rochers à fleur d'eau,couverte au centre de chaînes calcaires (mont Scaros, 1128 m.\ a lesmêmes produits que Corfou; — Céphalonie (810 kilom. car.), la plusgrande après Corfou , de forme très irrégulière, parcourue du nord-est ausud-ouest par une chaîne de montagnes ( Monte Nero, 1 620 m.), estfertile, mais manque d’eau; les fissures d’un sol calcaire laissent passercomme un crible les eaux de pluie qui vont se perdre dans la mer par desentonnoirs souterrains; — Ithaque ou Thiaki (27 kilom. de long, 6 kilom.et demi de largeur), simple arête de rochers calcaires (mont Anogi ,807 m.), aujourd’hui dépouillé de ses forêts, est aride et sauvage ; le nomd’Ulysse seul l’a illustrée;— Zante ou Zacynthe (438 kilom. car.),de forme triangulaire, terminée au nord par le cap Skinari; an sud et ausud-est par les promontoires de Kiéri et Garcka, est la plus riche de toutespar ses vergers, ses vignes et ses cultures. «Zante , « la fleur du Levant»,» comme l’appellent les mariniers ioniens, est encore un paradis terrestre.» Nous naviguons en vue de l'ile par un temps d’une singulière douceur.» L’atmosphère qui nous entoure est d’une limpidité extraordinaire.» Un vent léger s’élève par instants et nous apporte je ne sais quels péné-» trants arômes, que nous respirons avec délices. ,Ün gai soleil illumine» autour de nous les îles rocheuses, met en relief lès terres plus éloignées» et revêt les belles vagues bleues de l’éclat resplendissant de l’or.» Bienlùt la côte apparaît plus distincte. Elle est sillonnée par de longues» terrasses parallèles, qui surplombent la mer à une grande hauteur, et» sur lesquelles croit toute une végétation confuse de iiguiers, de cyprès,» de vignes, de cactus, d’aloès, entremêlés dans un pittoresque désordre.» L’effet de ees masses de verdure jetées çà et là sur des haïmes rapides,» encadrées par l’azur du ciel et celui de l’eau, noyées dans les flots d’une» incomparable lumière, est vraiment merveilleux. La ville de Zante occupe» un site charmant. Elle s’étend en demi-cercle sur le pourtour d’un golfe» largement arrosé, ouvert au pied de la montagne. Les blocs grandioses» du mont Scopos, qui ferment l’horizon sur la gauche, les escarpements» abrupts que couronne la citadelle, dans le fond, les molles ondulations» des collines, servent de cadre à ce tableau, dont les maisons blanches de» la ville forment le centre. L’ensemble a quelque chose de gai et d'ai-» mable qui enchante dès l’arrivée. » (Stanislas de Nolhac, Dalmatie, Ilesioniennes , etc., p. 157, Plon, 1882.)

Cêrigo ou Cythère , jadis célèbre par le culte de Vénus, n’est plusqu’un rocher aride et escarpé, long de 32 kilom. sur une largeur de 20,incapable de nourrir ses habitants, qui émigrent en Grèce ou en AsieMineure. Ce'rigotlo, au sud-est, est peuplée d’unë quarantaine de famillesde marins, qui jadis vivaient aussi de piraterie.