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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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820 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

schistes micacés et argileux, de roches calcaires et de marbres cristallins.Plusieurs possèdent des grottes curieuses, des eaux thermales, des solfataresencore fumantes, et des cratères à peine refroidis. Le groupe de Thira(Santorin ou Saint-Irène), et Thirasia , est un foyer d'éruption toujoursen activité. Santorin a la forme d’une demi-lune, dont les falaises abrupteset sombres rappellent l'aspect de la Somma du Vésuve . Jadis les îlots deThirasia et Aspro-Nisi, unis à la grande île, complétaient le cercle; maisla partie centrale, il y a 3 000 ans environ, s’abîma subitement dans lamer, laissant un vide égal à la superficie de l’enceinte fortifiée de Paris .Dès le deuxième siècle avant Jésus-Christ , des cônes volcaniques appa-rurent et formèrent les îlots d'aujourd'hui. En 196, surgit l’ile de lliéra(ou Palæa Laïmeni, l’ancienne brûlée) ; en 46 après Jésus-Christ, Pile de’fhca qui a disparu, et en 1573 le Miêra Kaïméni sortit des flots ; les érup-tions les plus formidables furent celles de 1650, 1107 et 1866. La pre-mière dura trois mois, souleva des flots énormes qui ravagea les fiesd’alentour ; la seconde vomit pendant un an de la lave, des cendres, desflammes, de la fumée, et créa deux îlots qui se réunirent et formèrentensemble la nouvelle Kaïméni ; Milo fut dès lors empestée de vapeursdélétères. — « A la fin de 1866 commença une nouvelle éruption formi-» dable, qui dura près de deux ans, projeta à des hauteurs énormes des’» myriades de blocs incandescents, souleva le fond de la mer en plusieurs» points dans sa partie centrale, et y éleva plusieurs collines de laves sco-» riacées ou compactes de 100 m. de hauteur. Depuis quelques années, le» volcan semble éteint, ou sommeille; les bords du cratère sont tapissés» de riches vignobles. » (Voy. Fouqué, Miss, scient, à l'ile Santorin .)

La petite Dili ou Déïos était Pile consacrée à Apollon . Son temple demarbre était un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés de la Grèceancienne. L’ile, ravagée par Mithridate , est jonchée de ruines, chapiteauxmutilés, tronçons de colonnes éparses, fragments de statues du marbre leplus pur. « Depuis plus de mille ans, les habitants de Mykonos , de Syra» et de Tinos , viennent y chercher des matériaux pour bâtir. Les marbres» et les statues ont été calcinés pour faire de la chaux. La curiosité des» amateurs d’antiquités ne leur a pas été moins funeste. » (Voy. Ch. Benoit,Arch. des mùs. scient., t. It). La grande Délos ou Rhénée était la né-cropole de l’ile sacrée. Toutes les sépultures ont été violées. Ces deux îlotssont aujourd'hui abandonnés.

Les phénomènes volcaniques et les émanations délétères ont égalementdépeuplé Milo, fertile et florissante au siècle dernier, couverte de hautesmontagnes et toute pleine de vestiges de l’art antique. C’est là qu’en 1820,près des gradins ruinés du théâtre, sous une masse de décombresinformes, un paysan découvrit la fameuse statue appelée la Vénus deMilo. Le consul de France, M. de Brest , et notre ambassadeur, M. de Mar-cellus, après mille vicissitudes, réussirent à faire transporter au Muséedu Louvre ce qui restait de ce chef-d’œuvre de l’art grec. Le Muséebritannique s’enrichit d’une tète colossale d ’Escalape, trouvée dans lesmêmes fouilles.

II. Iles Ioniennes. — Occupées par Venise jusqu’au traité de Campo-Formio en 1797, par la France jusqu’en 1800, placées ensuite sous le pro-tectorat de la Turquie, puis sous celui de la Russie , avant de faire retourà la France de 1807 à 1814 ; érigées par les traités de 1815 en Républiquedes îles Ioniennes sous le protectorat de l’Angleterre, ces îles, souffrantimpatiemment la domination hautaine des fonctionnaires britanniques,