830 ' LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Galaxidi, des Thermopyles et d'Hypati, de Bari (Hymelte), et dans la plu-part des îles.
La plus grande exploitation minière est celle du Laurion , située ausud-est de l’Attique; les mines du Laurion ont été exploitées jadis par les-anciens Grecs . « Les ruines de villages, de bâtisses cyclopéenncs, de» temples, de citernes, les puits, les galeries souterraines, les vastes vides» des exploitations de mines et les résidus considérables des travaux» métallurgiques qui sont disséminés sur toute la surface du Laurium, .
» indiquent le mouvement colossal d’affaires qui doit avoir eu lieu pendant» plusieurs siècles, et l’énorme quantité d’ouvriers que devaient occuper» les travaux. » (B. Girard.) Thorico (Porto-Mandri), Anaphlystos etSunium étaient les villages des mineurs; le premier a conserve les ruines-de son amphithéâtre; le dernier les quinze colonnes du magnifique templede Minerve, élevé sur un rocher faisant saillie dans la mer. (Voy. Terrier,Mem. sur les ruines de Sunium. Arch. des missions , 1868, 2 e série,t. III). La surface métallifère du Laurion occupe 20 000 hectares; les puits-et galeries inclinés des anciens Grecs sont au nombre de plus de 2000, pro-fonds de 20 à 120 mètres; 1000 ouvriers étaient employés dans ces mines.Aujourd’hui dans l’usine, à Ergastiria (de l’ancien nom grec èpyourz-r^’.xpï-xXkixx), I 000 mineurs travaillent, depuis 1866, à refondre les scories,olombifères laissées par les anciens, pour le compte de la Compagniefrançaise des mines du Laurion (113 à 120 000 tonnes par an).
Végétaux. —La Grèce est un pays agricole; mais, malgré les progrèsaccomplis depuis l'émancipation, l’agriculture est entravée par le manquede bras, de capitaux, de routes et par l’ignorance. Les petites propriétésdominent. Un sixième seulement est cultivé; le reste se compose de mon-tagnes, forets et landes. On récolte du blé, du seigle, de l'orge, du maïs ,dans les cantons pierreux; des pois, haricots, fèves ; du riz dans les ter-rains humides; du coton, du lin, du chanvre (en Livadie, Phthiotide,Argolide, Laconie ); dé la garance, du tabac; l'olivier forme une des prin-cipales richesses au pays ; on cultive le mûrier, l’opium, la vigne surtout;vins de Santorin, Négrepont, Corinthe , îles Ioniennes, très estimés etrecherchés pour l’exportation; raisins secs dits de Corinthe exportés en-masse, des ports de Palras, Aigion, Kalamis, Zante, Nauplie , Coron,Cyllène, etc.'. 40 millions de francs par an et 200 millions de litres..Arbres fruitiers; orangers, citronniers, grenadiers, figuiers, amandiers,abricotiers. — Forêts . Elles occupent 340 000 hectares; les plus belles sont'celles du Taygète, du Parnasse, de l’Acarnanie, de l’Eubée . Elles pro-duisent peu; leur produit le plus important est la vallonte, fruit que-donne le chêne, exporté surtout en Angleterre et en Autriche . Malgré les-mesures législatives et un nombreux personnel d’agents forestiers-,, lesforêts sont saccagées ; de là les causes de l'aridité et de l'insalubrité de-certaines régions. Une sorte de manie sauvage pousse les Grecs à les incen-dier. « C’est un axiome très accrédité en Grèce , que nuire à l'Etat c’est ne-» nuire à personne. Les paysans n’ont pas plus de respect pour la pro-» priété nationale que si elle appartenait aux Turcs. Us ne croient faire né» une mauvaise action, ni un mauvais calcul, lorsqu’ils causent à l'Elat mu» dommage de dix mille drachmes qui leur rapporte quelques sous. C’est.» en vertu de ce principe, que les bergers incendient régulièrement les-» bois taillis, pour être sûrs que leurs troupeaux trouveront au printemps» de jeunes pousses à brouter. Ces naïfs incendiaires ne se cachent pas» pour faire de pareils coups ; on trouve souvent, dans la campagne-» d'Athènes , de grandes taches noires qui couvrent une demi-lieue carrée.