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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRÈCE . 831

» et l'on se dit : « Ce n'est rien, c’est un berger qui a fait de l’herbe pour» ses brebis. » Les laboureurs s’amusent aussi de temps en temps à débar-» rasser le sol de tous les arbres dont il est encombré. Ceux-là ne détruisent» point par intérêt, mais par hygiène. Ils sont convaincus que l’arbre est» une créature malsaine, et que personne n'aurait plus la fièvre si le pays» était une bonne fois nettoyé. Voilà pourquoi l’imprudent qui se permet» de faire des plantations, trouve quelquefois ses élèves coupes par le pied» ou dépouillés de leur écorce. D'autres enfin détruisent par désœuvrement» et pour le plaisir de détruire. Ils sont d’avis que notre bien se compose» du mal d’autrui. C’est la même idée qui préside à la conduite des singes,-» les plus spirituels des animaux malfaisants. » (Edmond About, la Grèce contemporaine , p. 137.)

Animaux. — La Grèce nourrit peu de gros bétail, n'ayant que des pâtu-rages insuffisants; les chevaux sont de petite taille, mais infatigables etrobustes, dociles et sûrs ; beaucoup sont importés de la Thessalîe, de laMacédoine et de l’Asie Mineure ; tes ânes et les mulets, montures descultivateurs pauvres, sont plus répandus; les brebis et les chèvresabondent; la faune ornithologique comprend 340 espèces d 'oiseaux; lespoissons fournissent une pêche très fructueuse; on pêche la nuit au harponen allumant sur la proue de la barque un grand feu qui attire les poissons ;les lagunes de Missolonghi, et les lacs d'Etolie sont divisés en viviers oupiscines, dont le bail est mis à l’enchère tous les dix ans.

Industrie. — Elle a fait depuis 30 ans des progrès marqués; mais laconcurrence étrangère (française, anglaise, allemande ) fournit à meilleurmarché des produits supérieurs. La Grèce a plus de 200 établissementsindustriels; la plupart emploient la vapeur comme force motrice ; des fila-tures de soie (Messénie, Sparte, Athènes ); des filatures de coton, dont l'une,celle du Pirée , occupe 200 ouvriers et 6300 broches; des forges et fabriquesde machines à Syra, dans les ateliers de la Société hellénique de naviga-tion à vapeur, fonderies du Pirée; tanneries, mégisseries, à Syra, Athènes ,Corfou. Chalcis; savonneries à Xante, Corfou, Patras ; poteries; fabrica-tion A'huiles et bougies (30 à 40 millions d’ocques par an), à Athènes ,Corfou , Xante, Missolongtii, etc.; tonnellerie; meubles; constructionsnavales dans les grands chantiers de Syra (100 navires à voiles par an de-300 à 600 tonnes), au Pirée, à Spetzia, Galadixi, Corfou , Ilydra; fabrica-tion du vin (400 millions de litres); liqueurs et alcools dans 250 distille-ries (50 millions de litres), à Athènes, au Pirée, à Patras, Syra, Volo, Corfou .

Commerce. — Importation : 136 millions de drachmes ( Grande-Bretagne , 36; Turquie, 17; Autriche, 34; Russie, 16; France , 17;Italie, 6; Allemagne , 0 021). — Exportation : 92 837000 drachmes(Grande-Bretagne, 36; Turquie, 6 ; Autriche, 9; Russie, 2; France , 24;Italie, 3; Allemagne , 1,3). —Voies de communication. Tontes sont mo-dernes : avant 1830, aucune chaussée n’existait, et les sentiers n’étaientpraticables que pour les piétons et les bêles de somme. Des décrets et loisde 1833, 1832, 1867, 1873,1882, ont décidé la construction de 3 000 kilom.de routes nationales, et un emprunt de 20 millions a été fait pour lesgrands travaux de voirie, entrepris sous la direction d'ingénieurs et agents,du service des ponts et chaussées de France . — Chemins de fer : jus-qu’en 1882, il n’v avait qu'un seul chemin de fer (12 kilom.), du Pirée àAthènes ; en 1886, 323 kilom. sont en exploitation de Volo à Larissa(61 kilom.); de Pgrgos à Katakolo (12 kilom.); du Pirée à Eleusis (36 kilom.), de Kalamaki à Corinthe (9 kilom.). Des lignes sont concédéesdu Pirée à Larissa, par Thèbes, Platée, Livadia , l.amia, Domoko et