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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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840 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

bien rangées, un profil fin et régulier, un teint mat, pâle etvigoureux, une taille droite, élégante et fière à la fois : ils saventmarcher, et le moindre d’entre eux, vêtu de son brillant cos-tume, réalise en lui un type accompli de beauté et de dis-tinction. » (Baron d’Estouhnelles de Constans, la Vie de pro-vince en Grèce, cliap. i; Paris, in-18, 1878, Hachette .)

LMcropoIe. — lie Parthénon . — lies Propylées 1 .

« On monte à l’Acropole par une pente qui contourne lesflancs des rochers et les vieux murs de la citadelle athénienne

1. L’Athènes antique offre encore aujourd’hui, malgré les dévastations du tempset surtout des hommes, la plus merveilleuse collection de monuments qu’onpuisse admirer. La plupart datent de l’époque de Périclès . Son ministre des beaux-arts et des travaux publics était Phidias qui avait sous ses ordres une pléiaded'artistes incomparables : Mnésiclès , qui construisit en marbre pentélique, dansl’étroite ouverture donnant accès à l’Acropole , les portiques grandioses et l’esca-lier monumental des Propylées, comme un vestibule digne des chefs-d’œuvre d’ar-chitecture et de sculpture de l’Acropole; Callicratcs et Ictinos , les architectes duParthénon; les sculpteurs Alcamène, Agoracrite, Crésilas, Critios, Nésiotès , Ilé-gias, etc., les uns rivaux, les autres disciples de Phidias , qui partagèrent l'exé-cution des frontons, de la frise et des métopes. Le maître s’était réservé spéciale-ment la statue colossale de Minerve, toute d’or et d'ivoire, qui ornait l’intérieurde la Celta ; cette statue avait 12 m. de hauteur ; il y avait employé trois millionsd’or, sans parler de l’ivoire et de la main d’œuvre. Le Parthénon s’élevait sur leplateau môme de l’Acropole, non loin du temple de l’Erechtheion ; tous deux sontencore debout, mais affreusement mutilés. Quant aux autres monuments, et auxinnombrables statues consacrées aux dieux ou aux héros, il n’en reste que desdébris informes qui jonchent le sol. Le Parthénon, les Propylées, l’Erechtheion ,étaient encore à peu près intacts au dix-septième siècle. En 1636, les Turcs avaientfait des Propylées un dépût d’armes et de poudre, et l’aga y avait installé sonharem. La foudre y mit le fou; et le monument fut en partie détruit. En 1687,les Turcs établirent un autre magasin à poudre dans le Parthénon ; les Vénitiensl’assiégèrent, et une bombe alluma la poudre et fit sauter le monument. Legénéral vainqueur, Morosini, « continua une destruction qui n’avait plus les né-» cessités de la guerre pour excuse. Par son ordre, on enleva du fronton les che-» vaux et le char de Minerve, si admirablement conservé que les voyageurs les» plus indifférents en parlaient avec enthousiasme. L’opération fut si mal con->, duite, que tout le groupe tomba et se brisa sur le rocher. » A ces actes devandalisme, d’autres succédèrent. Le comte de Choiseul-Gouffier ayant eu l’im-prudence de rapporter en France un seul morceau de la frise du Parthénon, quiétait depuis longtemps détaché et gisant, lord Elgin s’autorisa perfidement decet exemple pour compléter systématiquement le pillage et la ruine de ces sanc-tuaires de l’art antique. Il enleva une des statues du portique des caryatides del’Ercchtheion, au risque de faire écrouler le portique tout entier, et plus de200 pieds de la frise et presque toutes les statues des frontons du Parthénon , « Les» métopes furent arrachées de leurs coulisses, et le marteau fit voler en éclat les>' triglyphes et les corniches, on emporta en outre des fragments d’architecture,» tambours de colonne, chapiteaux, entablement, etc., etc. » Le tout alla orner àLondres les galeries du Musée Britannique. (Voy. sur toutes ces questions, laTopographie d'Athènes , par le colonel Lcake, et l'ouvrage de M. Phocion Roque,Athènes (Plon, 1876); et surtout les belles études sur VAcropole d’Athènes , deM. Beulé (Paris , 2 vol. in-8°, 1851), qui font le plus grand honneur à l’œuvre dorestauration et de conservation de l’archéologie française.