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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRÈCE . 839

par des touffes de soie. Ils ont toujours une ceinture ( thilaki ),également en cuir de Russie , très large sur le devant, et diviséeen plusieurs poches, dans lesquelles ils passent de longs poi-gnards, des pistolets à pierre et toutes les armes qu’ils possèdent ;üs y suspendent en outre des munitions et leur nécessaire defumeur. Les bras sont nus sous les manches de la chemise etde la veste, et souvent au lieu du fez, ils adoptent pour coiffureun mouchoir de soie. En hiver, ils ont un grand manteau courten laine grise, à longs poils et grossièrement brodé de passemen-terie de couleur.

» Les costumes des femmes à la ville n’ont été conservés quepar un petit nombre; on les a sacritiés aux modes de Paris , etceux qu’on voit encore à Aigion sont fort laids. Us se composentd’une jupe de soie ou popeline claire, longue et large, commecelles qu’on portait en Europe il y a une quinzaine d’années,d’une veste analogue à celles dont se parent les hommes et d’unfez. Cet assemblage forme un contraste choquant et du plusmauvais effet. On trouve pourtant encore dans certains villages,particulièrement à Delphes , au pied du mont Parnasse ou chezquelques paysannes, des costumes qui ont gardé tout leur carac-tère. Plus riches encore que ceux des hommes, ils forment untrésor de famille et se transmettent de génération en génération.Les jeunes filles aux longues nattes noires tombant sur leursépaules s’en parent les jours de grandes solennités. Aux noces,par exemple, elles portent une chemise de soie très longue quiforme robe, serrée à la taille par une agrafe d’argent; un tablieraux vives couleurs, attaché sous la ceinture, descend jusqu’à lacheville ; un manteau long, ouvert sur le devant, tombant droit,sans manches, laisse dégagés la poitrine, l’agrafe et le tablier.La chemise entr’ouverte sur la gorge, est fermée par des bouclesde pierreries ou de métal ciselé et couverte de riches ornements.Des colliers de médailles antiques ornent le cou, le front, lescheveux, et retiennent un voile merveilleusement brodé.

» ... On parle beaucoup de la beauté des Grecs, et j’étais ar-rivé imbu de préjugés dont j’ai dû rabattre la meilleure partie.Les hommes sont beaux dans toute l’acception du mot, aussibeaux que devaient l’être autrefois les modèles des Praxitèle etdes Phidias . Leurs yeux sont grands, noirs comme du jais, avecdes reflets de velours ou de feu ; de longs cils soyeux adoucissentleur regard et donnent à leur physionomie quelque chose derêveur et de mélancolique. Ils ont les dents blanches, petites,