Buch 
L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
866
JPEG-Download
 

866 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

(1866). La capitale du royaume fut transférée à Florence . Restait à résoudrela difficile question de Rome. La France défendait le pouvoir temporel duSaint-Siège , et avait obtenu du gouvernement italien, par la conventionde 1864, la garantie des Etats de l’Eglise . — En 1870, la guerre franco-allemande offrit au roi l'occasion qu’il attendait. Nos troupes furent rap-pelées en France , et le pape se trouva désarmé. Le 22 septembre, l’armeeitalienne occupa Rome sans coup férir; le pape se retira au Vatican et seconsidéra, dès ce moment, comme prisonnier de l’Italie . L’unité italienneétait complète ; Rome fut proclamée capitale. Le Parlement italien vota,en 1871, la loi dite de garantie, qui réglait les rapports du Saint-Siège et de l’Italie . Elle proclamait.la sainteté et l'inviolabilité de la personnedu Pontife, lui accordait en Italie les honneurs souverains, une dotation de322S000 livres, la possession immunitaire et inaliénable des palais duVatican, de Latran, de Castel Gandolfo , l'inviolabilité de son séjour et decelui des conciles convoqués par lui, sa libre correspondance avec toutl’épiscopat du monde catholique, l’administration à Rome des académies,séminaires, universités et collèges ecclésiastiques. L’Etat renonçait à toutdroit à la collation des fonctions de l’Eglise et au serment des" évêques;mais il refusait de prêter son bras aux jugements ecclésiastiques. Le paperepoussa la loi comme une atteinte à ses droits, une convention faite sanssa participation.

La péninsule italienne a cessé d’être, suivant le mot dédaigneux de Met-ternicli, une expression géographique; elle est devenue une grandepuissance avec lauuelle l’Europe doit désormais compter. Tout était àorganiser et à creer dans le nouveau royaume : finances, armée, ins-truction publique, industrie, travaux d’utilité, voies de communication ;le gouvernement s’est mis à l’œuvre résolument, et ses réformes bienfai-santes se sont étendues à toutes les parties et à tous les intérêts duroyaume. Les inépuisables ressources d’une terre privilégiée ont fécondéses efforts, et de merveilleux progrès ont été réalisés déjà par la fière etactive nation, aujourd’hui rendue à elle-même et régénérée par le senti-ment puissant de la liberté et de la patrie reconquises. Les ambitions na-tionales du nouveau royaume ne paraissent pas'encore satisfaites : unparti de patriotes ardents réclame à l’Autriche l’Italia irredenta (Trcntin,lstrie, Dalmatie); à la Suisse, le Tessin; Malte à l’Angleterre ; à la France ,la Corse, Nice, même la Savoie, terre si française par la nature et par lecœur; la jeune Italie se montre ouvertement jalouse du développement denos colonies méditerranéennes, et, trop oublieuse des services rendus parla France sur les champs de bataille et dans les congrès diplomatiques, onl'a vue naguère préférer l’alliance équivoque et hautaine d'une monarchiemilitaire à l’amitié sure et aux sympathies désintéressées d’une nation-sœur.