aux vues larges et libérales, homme d'Elat souple et hardi, fut nomméprésident du conseil. Pour relever le Piémont du déshonneur de Novare , iloffrit de concourir avec la France, l’Anglelerre et la Turquie à la guerre deCrimée, envoya contre les Russes un corps de 13000 hommes, et obtint enéchange la garantie, par les puissances alliées, de l'indépendance du terri-toire sarde. A la Tchernaïa, les bersaglieri piémontais se signalèrent parleur solidité et leur courage. Le Piémont avait contribué à la victoire; onlui fit sa place au congrès de Paris (1836). M. de Cavour intéressa les plé-nipotentiaires de l'Europe au sort'de l'Italie malheureuse, opprimée parl'Autriche et par ses propres souverains, et à la fortune du Piémont exposéà d'incessantes menaces. L’habile diplomate avait réussi à poser devantl’Europe la question italienne : les Italiens mirent désormais leur espoirdans la politique de l'homme d'Etat piémontais qui parlait au nom del'Italie tout entière. « Le Piémont était sorti moralement de scs étroites« limites : nouvelle patrie de tous les émigrés, refuge des lettres italiennes» et des espérances patriotiques, pays militaire et réorganisateur, il était» devenu comme le centre d’une Italie qui n'existait pas encore sur la» carte, mais qui était désormais fondée dans le cœur des peuples. Les» esprits les plus portés à l'ancien fédéralisme se rattachaient à l’unité» piémontaise, à .l'idée piémontaise. » (J. Zeli.er.) On s'habituait peu àpeu au projet de monarchie italienne sous le sceptre de Victor-Emmanuel .
Seule, l’Italie ne pouvait rien encore. Cavour lui chercha un allié puis-sant et généreux ; il le trouva dans la France . Dans l’entrevue de Plom-bières entre Napoléon III et le ministre de Victor-Emmanuel (septem-bre 1838), la guerre à l’Autriche fut décidée en principe. L'Autriche inquièteaugmenta partout ses garnisons, et au lendemain du mariage du cousin del’empereur avec la princesse Clotilde, fille du roi de Sardaigne (jan-vier 1839), lança ses avant-gardes sur le Tessin , et somma le Piémont dedésarmer. Sur son relus, la guerre fut déclarée. Une armée de 100 000 Fran-çais se joignit aux 40000 soldats de Victor-Emmanuel; l’Autriche futvaincue à Magenta et Solférino (4-24 juin 1839). Napoléon III s’arrêta surle Mincio ; les trailés de Villafranea et de Zurich cédèrent la Lombardie auroi de Sardaigne. L’Italie voulait davantage; la campagne de 1839 luidonnait l’indépendance; sous la direction de Cavour, elle visa à l'unité.Parme et Modène votèrent leur annexion an Piémont (mars 1860) ; Cavourlit proclamer le royaume italien par le Parlement de Turin , et la cessionà la France de la Savoie et du comté de Nice (traité de Turin , 1SG0). Desmanifestations populaires en faveur de Punilé se manifestèrent dans toutela péninsule. Le pape Pie IX et le roi de Naples, François II , tentèrentvainement de les réprimer. A la tète d'une armée de volontaires, Garibaldi occupa la Sicile et Naples, et renversa François II , tandis que l’arméepiémontaise battait à Castellidardo les soldats pontificaux, commandés parle vaillant Lamoricière . Les populations consultées votèrent à des majoritésénormes leur annexion au nouveau royaume d’Italie. Victor-Emmanuel etGaribaldi firent ensemble à Naples une entrée triomphale; des acclamationsenthousiastes saluèrent à la fois le roi et le général libérateurs. Le Parle-ment nouveau, composé des députés piémontais , lombards, toscans, om-briens, napolitains et siciliens, vota à l’unanimité l'unilé de l'Italie . Tou-tefois cette unité élait encore incomplète : Italia fatta ma non compiuta,disait le roi (l’Italie était faite, mais non achevée). En 18G6, lorsqu’éclalala guerre entre l'Autriche et la Prusse, Victor-Emmanuel prit parti pourla Prusse ; l’Italie , vaincue sur terre à Custozza, sur mer à Lissa, n’enobtint pas moins la Vénétie , grâce à l'appui des vainqueurs de Sadowa