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cailles au passage du printemps varie, pour l’ile de Capri , entre40 et 70 000. Du reste, à cette époque, la caille est mauvaise,amaigrie par les privations de l’hiver, fatiguée de son voyage;elle n’est vraiment succulente qu’au passage d’automne, lors-qu’elle s’est longuement ravitaillée dans les pays septentrionauxet qu’elle s’est fait cette pelote de voyage que les gourmetsconnaissent bien. La passe des cailles est une des richesses del’île, et peut-être la plus sérieuse. »
L’ile de Capri se divise en deux parties d’inégale étendue ; la régionoccidentale, qui porte la bourgade d’Anacapri , a été formée par le-soulè-vement du mont Solaro qui s’élève d’un jet à 1 800 pieds au-dessus delàmer dans laquelle il baigne ses pieds. Cette région presque inaccessible neporte aucune ruine des temps anciens ; l'antiquité avait préféré les environsde la ville de Capri , située à l’est. Parmi les curiosités du district orientalon visite la grotte d e Mithramonia, où l’on célébrait le culte de Mithra, etla fameuse Grotte d’Azur qui s’ouvre dans la paroi d’un rocher haut d’en-viron 1 200 pieds.
« L’entrée de la grotte est si basse et si étroite que l’on estforcé de désarmer les avirons et de se courber au fond de labarque pour ne point se heurter en passant. Dès qu’on a franchile trou resserré qui sert de porte, on se trouve en pleine féerie.L’eau profonde, claire à laisser voir tous les détails de son lit,teintée d’une nuance de bleu de ciel adorable, projette ses refletssur la voûte de calcaire blanc, et lui donne une couleur azuréequi tremble à chaque frisson de la surface humide. Tout estblanc, la mer, la barque, les rochers ; c’est un palais de tur-quoise bâti au-dessus d’un lac de saphir. Le matelot qui meconduisait se déshabilla et se jeta à l’eau ; son corps m’apparut
» ce gibier qui s’abat, vers la fin de l’automne, sur les rochers du Ténare, épuisé» de fatigue et par volées innombrables. Le sol en est alors tellement couvert,» disent les habitants, qu’on y distingue à peine la moindre pierre. Les chefs de» famille ont soin de marquer d’avance, les armes à la main, les emplacements» qu’ils se réservent pour y ramasser les cailles dans d’immenses filets. Tandis* que les hommes traitent de ces démarcations, grosse affaire qui se termine ra-» rement sans entraîner quelque rixe sanglante, et qui est toujours le prétexte» d’interminables guerres entre les tribus, les femmes emploient le mois d’août» à puiser l’eau de mer, dont elles remplissent les moindres trous de la côte: la- » chaleur extrême du soleil opère promptement l’évaporation, qui laisse après» elle un dépôt de sel gris très amer et très parfumé. Les cailles une fois recueil-» lies par les hommes dans les filets, les femmes leur coupent la tète et les pattes,» les plument avec soin, et les saupoudrent abondamment de ce sel ; puis elles les» aplatissent entre deux planches chargées de grosses pierres. Ainsi préparées, les» cailles sont un mets fort goûté des Kakovouniotes, qui, après en avoir conservé» la quantité nécessaire à leur consommation, peuvent encore en vendre dans» tout le reste du Magne. »