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bleu comme de l’argent mat, avec des ombres de veloursbleuissant aux creux que dessinait le feu de ses muscles. Sesépaules, son cou, sa tète étaient au contraire d’un noir cuivré ;on eût dit une statue d’albâtre surmontée d’une tète de bronzeflorentin. Les gouttelettes qu’il faisait jaillir en nageant, lesglobules qui se formaient près de lui, étaient comme des perleséclairées par une lumière bleuâtre. Le ciel se couvrit; la couleurfut alors moins intense, et se revêtit, dans les fonds surtout,d’un glacis de teinte neutre. Le nuage qui voilait le soleil s’en-vola, et dans toute la grotte un feu d’artifice éclata, jetant surles pierres humides des étincelles d’un bleu lumineux. Je nepouvais me lasser d’admirer cette splendeur et de regarderl’homme blanc à tète noire qui se baignait dans ces flotscélestes.
» ... L’île de Capri est le meilleur belvédère où l’on puissemonter pour voir le golfe de Naples se déployer dans toute sasplendeur. Ces côtes ondoyantes, ce Vésuve qui porte les nuages,cette mer si douce et si bleue, forment un des plus beaux pay-sages qu’il soit donné à l’œil humain de contempler. Cependant,malgré soi, on y est attristé; la nature y est si puissante quel’homme disparaît, malheureusement il disparaît tout entier.Cette île charmante dort d’un sommeil plein de songes enivrants,j’en conviens ; mais elle dort, et si profondément parfois qu’onpourrait croire que c’est pour toujours ; c’est la Belle aux flotsdormants. » (Maxime nu Camp, Orient et Italie; Paris , in-8°,1868, Didier.)
Au nord de Capri, au fond du golfe délicieux qui porte son nom, Naples est assise au bord de la mer, disposée en amphithéâtre sur des collines quil’abritent des vents du nord, au milieu d’un panorama varié dont on ne selasse jamais. « On jouit le mieux de son aspect magique en venant de la» mer... Du jardin du couvent des Camaldules auquel une vue enchanteresse,» réputée la plus merveilleuse de l'Italie , a valu le surnom d 'Echelle des» régions célestes , le regard embrasse à une hauteur de quatre cent cin-» quanto mètres, les golfes et haies de Naples, de Puuzzoles et de Gaëte » jusqu'au Circello, la mer azurée, d'où surgissent les iles de Nisida, de» l’rocida et d’ischia , les rochers lointains des iles Ponza, le promontoire» de Sorrente et. Capri ; plus près on voit à ses pieds la vaste capitale et la» riche plaine dominée par le cratère fumant du Vésuve , avec tout le diadème» de villes qui en pare le rivage ; à l’ouest ou découvre un vaste fouillis de» montagnes et de vallées, de cratères éteints, de lacs et d'étangs, de ruines» comme celles de Baies; les champs Phlégréens et la Solfatare dont l’œil» se repose sur le vert tapis de forêt d’ormes et de vignobles du Pausilippe ;» au nord enlin, il plane sur les nombreuses communes de la Campanie » heureuse. » (C. Yogel, Monde terrestre, t. I.)
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