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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ITALIE .

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montagnes jumelles qui sélèvent au nord-ouest du village etque lon désigne par le nom de Monti-Rossi, à cause de lappa-rence rougeâtre de leurs scories. Ces amas de cendres, hauts deplus de deux cents mètres au-dessus du sol environnant, ontjailli des flancs de lEtna lors de la célèbre éruption de 1069, etde leur base sécoula vers Catane ce terrible fleuve de lave quidétruisit quatorze villes et villages habités par plus de vingt-cinq mille personnes. A lissue de lénorme source, le courantsétala largement sur un espace de plusieurs kilomètres, et des-cendit avec une majestueuse lenteur en noyant les campagneset les maisons sous des vagues de feu. Le cône boisé du Monpi-lieri, qui sélève au sud des Monti-Rossi, fut lui-mème entourécomme une ile par cette mer incandescente; et ses roches, enpartie fondues, en partie écrasées sous le poids des laves accu-mulées, durent livrer un passage à la masse liquide. Après avoirtranspercé cette colline, le courant se divisa en trois branchesprincipales, dont lune, se recourbant au sud-est, marcha surCatane , rasa une partie de la ville, et jeta dans la mer un pro-montoire de près dun kilomètre, à la place de lancien port. Enmoins de deux mois, une masse dun milliard de mètres cubesde laves était sortie du sein de la montagne pour sétendre enhorrible désert sur des champs dune admirable fertilité. De nosjours encore, on peut, en gravissant lun des deux Monti-Rossi,suivre du regard, sur presque tout son parcours, le fleuve depierre fondue qui sépancha dans la plaine : seulement, le vertdes cultures empiète çà et sur les bords de la grande coulée.Quant au cratère qui souvre entre les deux monticules, et quivomit pendant léruption un prodigieux amas de cendres surtoute la contrée, il est transformé aujourdhui en un vallon,dont les pentes, gracieusement recourbées, enferment un petitbosquet de genêts.

»... Le soleil venait de se lever lorsque nous arrivâmes sur leplateau doucement incliné quon appelle Piano ciel Lago en sou-venir dune lagune de neige fondue, comblée par les laves aucommencement du dix-septième siècle. Les rayons glissaientobliquement sur la nappe blanche en y faisant briller dinnom-brables diamants. Directement en face, nous voyions se dresserle grand dôme, rayé çà et davalanches grisâtres lescendres se mêlaient à la neige. De sa bouche énorme, une co-lonne de vapeurs, entourée à la hase dune guirlande de fuméestransparentes, se tordait en larges volutes aux contours dorés,