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Atlas formant le tome VIII.
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bibliotheque historique et militaire.

enlevöe; le feu de nos batteries k la porte de Freyberg est eteint; les Busses et lesPrussiens penetrent dans le faubourg de Pirna , et cbaque corps s’avance en criant :ä Paris I ä Paris I

Mais la porte de Plauen s’ouvre : c’est l’irruption d’un volcan. Dumoustier s’enelance ä la tete des bataillons de la garde imperiale; le feu court sur les murs crene-les; les redoutes tonnent sur le flanc des colonnes ennemies; une gröle de balleset de boulels couvre la plaine. L’ennemi recule epouvante. Le marechal Ney, avecdeux divisions de jeune-garde, Latour-Maubourg , avec sa cavalerie, tombent sur lui;chaque porte de la ville s’ouvre ä son tour et lance de nouveaux combattants. Saint-Cyrressaisit l’offensive; les redoutes enlevees sont reprises. La cavalerie nettoie laplaine que Napoleon parcourt au galop aux cris mille fois repetes de : Yive l’Empe-reur! pousses par ses soldats electrises. Ces acclamations retentissent au milieu desrangs ennemis; elles glacent le courage des generaux allies, et Schwartzenbergs’ecrie : « L’Empereur est ä Dresde , le moment est perdu : ne songeons plus qu’knous rallier. » Et les colonnes en desordre, protegees par des batteries nombreuses,vont se refugier derriere les hauteurs oü cette artillerie est placee.

Cette premiere journee coüte ä l’ennemi quatre mille tues et deux mille prison-niers. Trois mille Francais sont hors de combat ;'cinq generaux sont blesses.

Marmont, Victor, Nansouty, Mortier et la vieille-garde sont arrives et occupentlaville et les faubourgs.

Journde du 27.

La confiance est rentree dans Dresde avec l’Empereur; l’epouvante est au campennemi. Neanrnoins Schwartzenberg cjui, par les renforts qu’il a recus, a encore unesuperiorite numerique de soixante-dix mille hommes, reprend courage et ne refusepas la bataille, malgre le conseil de generaux plus instruits. Napoleon, de son cöte,se prepare ä la lui livrer et fait les dispositions suivantes ( bleu de Cobalt ):

Le roi de Naples, qui est venu le rejoindre pendant l’armistice, repoit le comman-dement de la droite composee du deuxieme corps (Victor) et de la cavalerie de Latour-Maubourg ; il la deploie en avant de Friedrichstadt, entre l’Elbe et le ravin dePlauen . L’Empereur dirige lui-meme le centre forme des corps de Saint-Cyr et deMarmont, qui occupent tout l’espace compris entre le Land-Graben et Plauen ; Mar-mont est ä cheval sur la route deDispodiswalde; Saint-Cyr en avant du parc de Gros-Garten. La cavalerie, les grenadiers et chasseurs ä pied de la vieille-garde sont endeuxiöme ligne. A la gauche, Ney commande ä quatre divisions de jeune-garde(Mortier) et au corps de cavalerie de Nansouty. Cette aile s’etend, en avant de Striesen ,du Land-Graben ä l’Elbe .

De son cöte, l’armee des coalises ( jaune et noir) se deploie sur les hauteurs oü eiles’est retiree la veille au soir. A la droite, Wittgenstein occupe les villages de Dobritz,Reick et Leuben, ayant son avant-garde (Roth) vers Gruna; Kleist est en arrieredeStrelhen. Les Autrichiens, sous Chasteler, Maurice de Lichten stein et Colloredo , ap-puient leur droite ä Kleist et leur gauche au ravin de Plauen . Au-delk de ce ravin, lescorps de Giulay, d’Aloys de Lichtenstein et de Metzko forment la gauche ennemie deTöltschen ä Schusterhauser sur l’Elbe . Klenau est encore en marche sur la route deTharandt . Les reserves russes, sous les ordres de Barclay, sont derriere Wittgenstein ;le corps des grenadiers de Miloradowich au village de Kaitz; la reserve autrichiennedu prince de Hesse-Hombourg entre Coschiz et Kaitz.

Au point du jour, l’Empereur juge la position des coalises : il remarque que leurgauche n’est pas soutenue : c’est sur eile qu’il va diriger ses premieres attaques. Iloperera par ses deux ailes, son centre etant garanti par la place de Dresde , et si rienne vient deranger ses conceptions, l’ennemi est menace d’une defaite entiere.

Les tirailleurs franpais commencent l’engagement; a sept heures, la canonnades’etend sur toute la ligne ; k neuf heures, l’Empereur ordonne l’attaque. La pluietombe partorrents, le champ de bataille est inonde : rien n’arrete nos braves soldats.L’Empereur est present partout, et partout on combat avec une egale ardeur. En par-courant la plaine, il remarque une batterie de la jeune-garde qui avait cessö son feuen voyant l’ennemi hors de portee : « Recommencez le feu, dit-il ä l’officier qui lacommandait: il faut attirer l’attention de l’ennemi. » Le capitaine obeit, et, dösla premiöre salve, un boulet vengeur va frapper Moreau prcs de l’empereur deRussie .

Murat a fait deboucher Victor ( rouge carmin) par Lobda sur le corps de Giulay quise replie en vain ; Victor tombe sur lui et sur le prince Aloys de Lichtenstein kRosthal, pendant que Murat lui-meme et Latour-Maubourg ( rouge carmin) precipi-tent la cavalerie sur Metzko en debordant ses deux ailes. Giulay est blesse; Lichten-stein se defend bravement; mais Metzko, tourne et enfonce par notre cavalerie, d6-couvre la gauche de ce general qui est accable ainsi que Giulay. Leurs debris sontrejetes en ün desordre affreux sur Pesterwitz et Post-Chappel (minium), oü notreartillerie legere les ecrase; leur cavalerie est mise en pleine deroute; l’infanterie netient nulle part; des colonnes entieres mettent bas les armes, et nombre de regimentssont entierement detruits. Metzko, fuyant, est atteint et entoure par Latour-Mau-bourg et Victor prcs de Kesseldorf, et force de mettre bas les armes avec prös de dixmille hommes( minium). Toute l’aile gauche ennemie disparait du champ de bataille,et Murat la poursuit avec une vigueur qui ne lui permet pas de se reformer.

A notre gauche, Ney a marche sur Gruna et ensuite sur Gros-Dobritz. Des generauxennemis proposent alors ä Schwartzenberg de reunir les masses nombreuses deKleist , Miloradowich, Wittgenstein et Barclay et de fondre avec elles sur cette ailedes Fran<;ais. Il y consent; les ordres sont donnes, et dejk Kleist et Miloradowichexdcutent le mouvement de conversion prescrit ( colonnes en minium) ; mais Barclayde Tolly {minium), qui doit operer de concert avec eux, refuse de descendre deshauteurs dans la crainte, dit-il, de perdre son canon dans les boues. Pendant cetemps, les troupes du centre, formees en colonnes, sont abimees par le feu meurtrierde Saint-Cyr qui les prend en echarpe; Barclay persiste dans son refus, et elles finissentpar reprendre leur premiere position. Ney a continue ä se porter en avant et a dejärejete l’ennemi de la route de Pirna sur celle de Dohna , lorsque Napoleon le rejointet lui ordonne de continuer le mouvement pour refouler l’ennemi sur la route deMaxen. La jeune-garde ( colonnes rouge carmin ) enleve Dobritz et attaque Reick oüWittgenstein se maintient avec peine soutenu par l’artillerie de Barclay, jusqu’aumoment oü la nouvelle de l’entiere defaite de la gauche alliee et de la marche deVandamme sur ses derrieres decide le generalissime Schwartzenberg ä la retraite.

Au centre, ainsi que l’Empereur l’avait ordonne , aucun mouvement n’a ete faiten avant. Saint-Cyr et Marmont se sont bornes ä contenir et occuper l’ennemi pourlaisser aux ailes de Murat et de Ney la facilite d’operer sur les deux extremites de laligne des allies. Neanrnoins, notre artillerie a fait de merveilles et les troupes, expo-sees ä ses coups, eprouvent de grandes pertes.

A trois heures, la victoire est decidee et l’enneini bat en retraite en toute hüte ;