LEGENDES. 45
mais, comme nous sommes maitres des chaussees principales, il est force de se jeterdans des chemins de traverse et des defiles presque impraticables pour regagner laBoheme. Il y perd des bagages, des liommes, des chevaux, et ne s’cn tire qu’avecla plus grande peine.
La bataille de Dresde coüta aux allies plus de quarante mille liommes, dont dix-huit mille prisonniers presque tous Autrichiens, vingt-six pieces de canon, centtrente Caissons et dix-huit drapeaux. Deux generaux etaient tues, trois blesses, deuxfaits prisonniers.
L’Empereur poursuivit la droite de l’ennemi jusqua Pirna , oü une indispositiongrave l’arröta subitement et Ie forga de revenir ä Dresde . Il comptait sur Yandamme
pour achever la defaite des allies; mais la victoire, qu’il savait encore fixer prbs de lui,n’accompagnait plus ses lieutenants. Macdonald, laisse en Silesie , avait ete battu le26 sur la Katzbacli; Oudinot avait perdu la bataille de Gros-Beeren, et Vandamme,entraine par son ardeur, apres avoir obtenu plusieurs succes ä Pirna et ä Peters-walde, s’etait laisse aller ä la poursuite d’Ostermann jusqu’ä Kulm en Bohöme, oü, le30, accable par l’armee alliee tout entiere, il avait perdu dix mille hommes, dontsept mille et lui-meme resterent prisonniers. Ces malheurs furent suivis, le 6 sep-tembre, de la perte de la bataille de Juterbogk par le marechal Ney qui avait rem-place Oudinot , et le moment approchait oü ilsseraient completes par la desastreusejournee de Leipzig .
Depuis la bataille de Dresde , la position de l’Empereur, loin de s’ameliorer,ötait devenue de plus en plus critique. Macdonald, apres avoir perdu vingt millehommes ä la bataille de la Hatzbach , etait revenu en desordre sur Bautzen , d’oüil appelait l’Empereur ä son secours. Yandamme etait dans les mains des ennemisavec une partie de ses troupes; Oudinot etait replie sous Wittemberg depuis l’ailairede Gros-Beeren; les renforts arrivaient de toules parts aux allies, tandis que l’armeefrangaise etait sensiblement diminuee: tout enfin semblait se reunir pour ruiner lesoperations de Napoleon .
Inquiet de la position de Macdonald, il se decide ä marcher ä son secours, quitteDresde le 3 septembre , et rejoint le marechal ä Hochkirch . Aussitöt il se porta enavant; mais Blücher, repassant la Neiss et la Queiss et refusant le combat, Napoleon laisse du renfort ä son lieutenant et vole a Dresde menace de nouveau.
II y rentra le 6 : les ennemis s’eloignerent aussitöt; mais au meme moment Ney,battu ä Juterbogk, etait ramene en desordre sous Torgau avec une perte de quinzemille hommes, et Macdonald se retirait encore devant Blücher jusqu’ä Bautzen . L’Em-pereur retourne pres de lui le 22, mais le general prussien s’est empare de la posi-tion de Bautzen ; un corps d’armee menace notre gauche,l’attaque nepeut avoir lieu,et Napolöon ramene l’armee de Macdonald ä Weissig, pr cs Dresde .
Il songea alors ä de nouvelles combinaisons; mais le danger s’accroissait. Benigsenavec l’armee de Pologne est entre en Boheme, il a rejoint Schwartzenberg ä Toeplitz ;Blücher marchant par sa droite, a passe l’Elbe ä Wartembourg et s’est reuni ä Ber-nadotte qui l’a traversee pres de Rosslau; la grande armee alliee a debouche par Se-bastiansberg sur Chemnitz . liest visible que l’ennemi veut s’etablir en masse surses derriäres.
Il laisse Saint-Cyr dans Dresde , detaclie Murat sur Freyberg avec cinquante millehommes, rallie ä lui l’armee de Ney , etä la töte de cent vingt-cinq mille hommes sedirige d’Eilenbourg sur Bernadotte et Blücher ; mais tous deux evitent le combat avecsoin et gagnent, par un mouvement de fianc, les bords de la Saale qu’ils passent äHalle. Ne pouvant les amener ä une bataille, Napoleon veut marcher sur Berlin , de-bloquer les places oü il a encore des garnisons, etablir le theätre de la guerre enPrusse et changer la face des affaires; malheureusement ce projet parait trop aven-tureux aux inarechaux qui le pressent d’y renoncer. Il cede apres une longue he-sitation, en reconnaissant qu’il n’a plus autour de lui les soldats d’Arcole et de Rivolipour tenter cette audacieuse manoeuvre, et se decide ä se porter sur Leipzig dont lagrande armee alliee s’approche.
Le 14 octobre, il quitte Duben, et le 15 il arrive ä Leipzig oü Murat est replie. Il yconcentre ses forces; tous les corpsd’armee ont l’ordre de s’y rendre, et le 16 au ma-tin l’armee estreunie au nombrede cent cinquante-six mille huit cents hommes dontvingt-deux mille huit cents de cavalerie seulement; tandis que les allies vont l’assail-lir avec trois cent cinquante mille combattants dont cinquante-quatre mille chevaux.
Journde du 16.
Napoleon , ä qui il ne manque plus que le septieme corps (Reynier), dispose sonarmee de la maniere suivante [bleu de Prusse ): la division Lefol, placee ä Connewitz,en defend ledefile. Poniatowski, äl’extreme droite, s’appuie ä la Pleiss pres Kleeberg;le marechal Victor occupe Wachau; Lauriston, Liebertwolkowitz; Augereau, d’abordä la gauche, vient se placer en arriere de Dölitz, bordant la Pleiss et soutenant Po-