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Atlas formant le tome VIII.
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LEGENDES. 49

adieux eut un pressentiment cruel, et bientöt realise, qu’il allait en etre abandonne.Döjä en proie ä tant de deceptions et de felonies, ce grand homme vit presque aussi-töt ses ennemis s’augmenter de l’armee bavaroise, conduite par de Wrede qu’il avaitcomble de bienfaits.

Ce general, reunissant ses troupes ä celles des Autricliiens, qu’il devait combattre,etait parti le 15 de Braunau , ä latete de soixante mille hommes; le 24 il etait devantWurtzbourg, et le 27 ä Aschaffenbourg , De cette ville il envoya dix mille Bavaroissur Francfort, et vint s’etablir le 29 , avec cinquante mille hommes , ä Hanau pourbarrer le passage de la vallee du Mein ä l’armee frangaise; il voulait renouveler lajournee de la Beresina.

A cette nouvelle, qu'il regut ä Gelnhausen , I’Empereur fit ses dispositions pourpasser surle ventre de ses nouveaux ennemis; il n’avait quetres peu de troupes sousla main, et le reste de I’armee, avec vingt-cinq mille malades ou blesses, formaitune longue colonne en arriere; neanmoins il fallait se häter, car Blücher et Schwart-zenberg s’approchaient et Bubna harcelait l’arriere-garde.

Napoleon, pour alleger sa marche et diminuer la longueur de la colonne , dirigeatous les bagages sur Coblentz , en les faisant escorter par la cavalerie deLefebvre-Desnouettes et de Milhaud, qui dut en meine temps eclairer la droite, et le 30 aumatin, l’avant-garde frangaise s’engagea dans l’epaisse foret de Lamboi qui couvreHanau , et forme un long defile par lequel toute l’armee devait passer.

Journee du 30 .

Le genöral bavarois avait forme son armee ( jaune et noir) le dos a la Kintzig, et fai-sant face au defile. Sa droite sous Becker et son centre sous Bach et Lamotte, s’e-tendaient de la riviere ä la grande route; la cavalerie, aux ordres de Spleny, formaitla gauche; la division autrichienne Fresnel et la brigade Klenau etaient en reservesur la rive gauche de la Kintzig; une brigade de grenadiers gardait la ville, et les Co-saques d’Orlof-Denisof et de Czernichef flanquaient la gauche et observaient la routede Friedberg.

L’avant-garde de l’Empereur ne comptait encore que cinq mille hommes des divi-sions Charpentier etDubreton, lorsqu’H la jeta en tirailleurs dans la foret : Macdo-nald et Victor commandaient cette poignee d’hommes, que Sebastiani soutenait avecsa cavalerie ( bleu de Cobalt ).

La mitrailleet une Charge de cavalerie dispersent l’avant-garde austro-bavaroise; nostirailleurs la suivent d’arbre en arbre, la foret etincelle de mousqueterie; ä chaqueclairiere Sebastiani fournit une Charge et culbute l’ennemi; enfin, les Frangais de-bouchent du bois et se trouvent en face de quarant^mille hommes et de quatre-vingtsbouches ä feu. Ils ne sont encore que dix mille! L’artillerie commence ä arriver;Drouot la fait mettre a mesure en batterie. Il ouvre son feu avec quinze pieces,mais il finit par en reunir cinquante. Il s’avance ä leur tete sans aucune troupe pourle soutenir. A travers l’epaisse fumee vomie par cette grande batterie, les Bavaroiscroient voir l’armee frangaise entiere, mais leur terreur redouble quand ils reconnais-sent les bonnets ä poil de la garde. C’est en eilet le general Curial et le general Friantqui debouchent avec quelques bataillons. Cependant de Wrede apres quelque hesita-

tion reconnait l’isolement de Drouot et ordonne ä sa cavalerie de charger sur labatterie frangaise, qu’une nuee de chevaux environne; aussitöt nos canonnierssaisissent leurs carabines et font un feu roulant sur les assaillans. Drouot, l’epee ä lamain, leur donne l’exemple du calme et de la resolution, et les escadrons de Splenys’arretent devant eux, quand tout ä coup Nansouty (bleu de Cobalt) s’elance du boisavec les dragons de Letort, les grenadiers ä cheval de Laferriere, les cuirassiers deSaint-Germain et les jeunes gardes d’honneur de Saluces ; il sabre et culbute la ca-valerie austro-bavaroise, la disperse et se precipite sur les carres d’infanterie qu’il en-fonce. Les Cosaques de Czernichef essaient de soutenir une Charge de cette trouperedoutable, et sont echarpes; la ligne ennemie est mise en deroute; mais de Wrede,pour echapper ä une entiere destruction, porte tous ses efforts sur sa droite, qu’il re-forme, afin de degager sa gauche et de lui permettre degagner le pont de la Kintzig.

Les troupes de Napoleon arrivent successivement, il les reunit dans la foret, quandun obus tombe pres de lui; Caulincourt le couvre de son corps, l’Empereur conti-nue ä donner ses ordres comme si rien ne le menagait... l’obus s’eteint, enfoui dansla terre!.. Le feu d’artillerie redouble; la foret retentit de son bruit, les boulets sif-llent dans les arbres, les rameaux tombent haches par eux, la fusillade se rapproche:c’est de Wrede qui tente son attaque desesperee. Le general Friant marche ä lui avecses grenadiers ; rien ne lui resiste, des bataillons fuient et se rendent devant unecompagnie, et bientöt le general bavarois, qui va etre accule ä la Kintzig, se häte d’a-bandonner le champ de bataille et de repasser la riviere, avant d’en etre coupe parNansouty. Il rallie son armee ( minium) pres de la ferme de Lehrhof, protege par laplace de Hanau , qu’il occupe encore.

Dejä le general Sebastiani avait pris la route de Francfort , quelques colonnes lesuivirent (rouge carmin ); l’Empereur et la plus grande partie de l’armee restörentau bivouac dans la foret oü ils passerent la nuit. Au jour, l’armee continua samarche.

Le 31 dans la matinee, le marechal Marmont et le general Bertrand (rouge car-min), laisses par l’Empereur pour former l’arriere-garde, et qui s’etaient empares deHanau , se disposaient ä suivre l’Empereur, lorsque de Wrede, revenudeson effroi envoyant qu’il n’etait pas poursuivi, et que les Frangais ne cherchaient qu’ä regagnerleRhin, repasse la Kintzig, se reporte sur ces deux generaux et se replace dans uneaussi mauvaise position que celle de la veille. Abordee par les divisions Morand etGuilleminot, l’armee austro-bavaroise est encore culbutee, de Wrede est frappe d’uneballe, le prince d’OEttingen , son gendre, est tue, et l’autrichien Fresnel, qui prend lecommandement, ordonne precipitamment la retraite. Les Frangais continuent leurmarche sans obstacle.

La bataille de Hanau coüta aux ennemis, dix mille hommes, dont six mille tuös oublesses, et plusieurs pieces de canon. La perte des Frangais fut de cinq mille hommes,en y comprenant trois mille malades ou blesses enleves du 28 au 30 en avant del’armee.

Le2 novembre, l’Empereur arriva äMayence, et le 9 il rentrait äParis. La Campagnede 1813 etait terminee, finissant comme celle de 1812, par une retraite; mais danscelle de Moscou l’armee frangaise avait succombe sous la rigueur du climat, tandisque dans la derniere, eile etait victime de la perfidie des ses allies.

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