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Atlas formant le tome VIII.
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BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE ET MILITAIRE.

BATAILLE DE MONTMIRAIL.

(ll Fevrier 18144)

NOTA. La Campagne de 1814 ayant ete plus remarqu able par les marclies strategiques de l’Empereur et des generanr al lies ime nar les bataillp« 'donner trois plans qm representent les plus celebres de ces batailles (Montmirail, Montereau et Toulouse ) ■ mais nous y avnns inint^carte J nera Znl ^’ , n ° US T* Sommes b ° rafe äoü se sont passees les prmcipales actions de la Campagne , et nous croyons devoir faire preceder Ja leJcle de la bä aL de MontLinil d un S? Z TT t0Ute ,a partie de ] ' Em P ire

esquisse permettra aux lecteurs de suivre, sur la carte generale, les progres de l’invasion des ennemk l d M 1 , e rapide des evenemcnls anterieurs. Cette

p °° res ae 1 invasion aes efl nemis et les savantes operations que Napoleon executa avec tant de courage et de genie.

L’armee, ramen6e en France par l’Empereur apres la bataille de Hanau , etait epui-see de fatigue et de faim; beaucoupd’hommessuccomberent, etle typhusqui vintsejoindre ä ces causes de destruction reduisit encore les illustres debris de la Grande-Armee d’une maniere effrayante. Les ennemis n’oserent cependant poursuivre leurmarche; ils s’arreterent sur les bords du Rhin , hesitant a mettre le pied sur le solfranqais qu’ils avaient appris ä redouter. Ils attendirent les milices levees chez toutesles puissances alliees et qui bloquaient les places encore en notre pouvoir sur l’Elbe et l’Oder , croyant n’etre jamais assez forts pour affronter le lion blesse.

Ces places se rendirent successivement. Saint-Cyr capitula dans Dresde : la capi-tulation fut effrontement violee et son corps d’armee resta prisonnier; Rapp, dansDantzig, eprouva le meme sort; Torgau, Stettin, Modlin, Zamosc , la citadelle d’Er-furth capitulerent en decembre 1813; Custrin et Glogau ne cederent qu’erx mars etavril 1814; Hambourg et Wittemberg n’ouvrirent lenrs portes qu’ä la paix.

Tout semblait se reunir pour aggraver la position de l’Empereur : sur FAdigecomme aux Pyrenees ses armes n’avaient pu l’emporter sur les masses ennemies,et cependant Soult etEugene ne manquaient ni de talents ni de devouement; ä l’inte-rieur, ses ressources etaient presque epuisees par la Campagne de 1813. Les hommesmanquaient, les places etaient degarnies, les frontieres n’etaient plus gardees que par unfaible cordon de soldats fatigues, devores par l’epidemie; mais ce qui etait de natureä decourager une äme moins grande que la sienne, c’etait la tiedeur de l’esprit publicet les menees tenebreuses d’intrigants avides de jouer un röle dans les troublesqu’ils allaient attirer sur la patrie.

Les royalistes appelaient le triomphe de la coalition pour ressaisir leurs Privileges; lesambilieux, gorges de richesses, ne voulaient plus s’exposer ä les perdre; beaucoup degeneraux, devenus grands Seigneurs, avaient perdu leur devouement avec leur pau-vrete, et le peuple seul restait fidele. Le Corps-Legislatif, qui devait donner tout sonconcours au souverain devant lequelil avait rampe, saisissait le moment du dangerpourfaire des phrases pretentieuses, marchander son patriotisme douteux, et donnerdes conseils au lieu de son appui. L’Empereur, indigne de tant de faussete, prononcala dissolution de ce corps, et se Chargen de travailler seul au salut de la France .

Son aetivite parvint ä recreer une armee, faible il est vrai, mais encore redoutablesous ses ordres. Des levees furent decretees : elles etaient insuflisantes pour combler

les vides que la mort avait faits dans nos rangs; un elan national pouvait seul sauverla patrie. II n’eut pas lieu, parce que les odieux conspirateurs, qui appelaientl’etran-o-er, etoufferent avec soin le feu patriotique. Neanmoins, toutes les mesures encorepossibles furent prises pour veil'er ä la defense du pays.

Quatre-vingt-quinze mille hommes bordaient le Rhin : Macdonald commandait äWesel, Düsseldorf et Nimegue; Marmont entre Mayence et Strasbourg ; Victor surle Haut-Rhin; Ney en Lorraine . Mortier, avec la vieille garde, couvrait la route deTroyes. Augereau rassemblait un corps d'armee ä Lyon , et Maison en organisait unä Lille. Napoleon esperait reunir cent mille hommes en Champagne k l’approche desallies dont il ne connaissait pas encore le chilfre enorme.

Leurs forces etaient en effet prodigieuses. L’Allemagne entiere, soulevee par uncomite directeur, etait en armes. Deux cent mille hommes de landwehr rendaientdisponibles les cinq cent mille combattants qui allaient envahir la France , et de nou-veaux armements se faisaient dans chacun des Etats allies. En tout, un million centcinquante-deux mille hommes!

Enfm, l’annee 1814 allait commencer, lorsque les ennemis crurent pouvoir fran-cliir nos frontieres. Le general Bulow se jeta sur la Hollande degarnie de troupes,la souleva contre nous et traversa le Rhin et le Wahal. Wintzingerode, ne trouvantnon plus aucun obslacle, traversa le Rhin vers Düsseldorf; Blücher le passa iiMayence ; Wittgenstein, Sacken, Saint-Priest, les Bavarois et les Wurtembergeoisvers Brisach. Schwartzenberg remonta le tleuve jusqu’a Bäle que les Suisses luili-vrerent. penetra avec la grande armee alliee sur le territoire de la Republique lielve-tique, et le traversa pour se porter, par Beifort, sur Yesoul. Les souverains coalises,suivis de leurs gardes et de leurs reserves, fderent, par Bäle et Montbelliard, surVesoul et Langres . Les troupes frauqaises se repliferent de toutes parts devant cesmasses formidables.

Napoleon les concentra sur la Marne moyenne ct envoyn Mortier au-devant deScbvvartzenberg pour en retarder la marche. Langres fut defendu par le Marechalavec intrepiditö; mais il dut sc replier sur Troyes , et Varmee alüöe s’avanqa surChaumont. L’Empereur quitfa Paris le 25 jnnvfer, reunit les corps de Ney, de Mar-mont et de Victor et s’avan$a sur Saiut-Dizier. Blücher, quiy etait arrive de Nancy ,avait dejä iile sur Troyes et se trouvait coupe du corps d York roste vers Saint-Mibiel.