52
bibliotheque iiistobique et militaibe.
reste prend position 4 la ferme de La Motte, en avant de la cavalerie {rouge). Deuxnouveaux balaillons de la garde, guides par le marechal Lefebvre et le grand-mare-cbal du palais Bertrand, marcbent au secours du general Ricard, sur lequel les Russes redoublent leurs attaques, croyant voir dans Marchais le point decisif. Des colonnesde renforts y arrivent ä chaque instant {vert etnoir).
Ney et Friant se precipitent sur la Haute-Epine, abordent l’ennemi au pas decourse, mettent ses tirailleurs en fuite et reduisent l’artillerie au silence. Une epou-vantable fusillade s’engage : Guyot, arrivant au grand trot et aux cris de Vive l’Em-pereur / perce la ligne ennemie, prend les masses d’infanterie a revers, et les met enpleine deroute [rouge).
Les lignes de cavalerie russe sont rompues au premier choc, les tirailleurs rejetessur le corps du g&ieral Lieven, l’artillerie forcee d’eteindre son feu, et tous, epou-vantes, egares, entrainent le reste de I’armee de Sacken en se jetant avec un affreuxdesordre dans les bois de Nogent par le mont Saint-Leger.
Les gardes-d’honneur [rouge), arrives sur la grande route ä la hauteur de Corbes-son, font un ä gauche et tombent sur les colonnes russes dirigees sur Marchais (vertet noir).
Le gdndral Ricard, appuye du nouveau renfort que lui envoie Napoleon , fond sur
Marcbais sans tirer un coup defusil, et aux cris toujours puissants de Vive l’Empe-reur (rouge) I culbute les Russes ( vert et noir), et les jette dans le ravin et le bois deCourmont; le marechal Lefebvre et le general Bertrand prennent l’ennemi en flancet precipitent sa retraite, qu’il fait avec de grandes pertes dans diverses directions,cherchant ä se röunir aux Prussiens.
Pirch (vert et noir), sur le concours duquel Sacken avait fonde les plus grandesesperances, est repousse par le marechal Mortier sur Tourneux et Fontenelle, et gagneViffort couvert par la cavalerie. II y rejoint Sacken.
A la nuit, les ennemis ont disparu. L’armee fran^aise prend positions; le quartier-general est ä l’Epine-aux-Bois.
L’Empereur couche ä la ferme des Grenaux.
Les trente mille allies fuyaient demoralises devant douze mille hommes d’infante-rie et quatre mille chevaux harasses de fatigue, et qui, dös le lendemain, se mirentä leur poursuite. Battus äChäteau-Thierry, Sacken et York disparurent. L’Empereur,revenant sur Blücher , l’atteignit ä Vauxchamps le 14 et le mit dans une deroutecomplete. Apres avoir perdu quatorze ä quinze mille hommes en quatre jours, levieux marechal prussien regagna Chalons-sur-Marne et y attendit des circonstancesplus favorables pour lui.
BATAILLE DE MONTEREAU.
(18 Fevrier 1814.)
Pendant que I’empereur Napoleon punissait Blücher de ses mauvaises manceuvresa Champ-Aubert, ä Montmirail, ä Chäteau-Thierry et a Vauxchamps, Paris se trouvaitmenacepar l’approche de la grande armee alliee. Schwartzenberg, qui, depuis labataille de la Rothiere, s etait lentement avance sur Troyes , en etait parti le 11 fe-vrier, ä la nouvelle du mouvement de lEmpereur sur Montmirail , et avait dirige sestroupes excentriquement sur Nogent, Sens et Auxerre . Les marechauxOudinot etVic-tor, ä qui l’Empereur avait laisselesoin de retarder lamarche des allies, ne pouvaientopposer ä leurs nombreuses colonnes que quelques milliers d’hommes. Neanmoinsils ne retrogradörent qu’en defendant le terrain pied ä pied, et quoique Nogent nepresentät pas de grands moyens de resistance, ils y laisserent le general Bourmontavec qnelque troupe pour y arreter l’ennemi, Le 11, au matin, le general Pahlen sepresenta devant Nogent; il y fut si rudement accueilli qu’il tourna bride et ne reparutque soutenu de ladivision Hardegg; trois attaques tentees par lui echouerent, Je feucontinua toute la nuit, et au jour ce fut en vain qu’il essaya de penetrer dans la villebarricadee. Bourmont blesse fut remplace par le colonel Voirol, et la defense de No-
gent se serait encore prolongee si le marechal Victor, apprenant la prise du pont deBray, par les Bavarois, n’avait oi'donne la retraite. L’ennemi avait perdu dix-huitcents hommes dans cette affaire, qui valut ä Bourmont le grade de general de division.
Schwartzenberg, maitre des ponts de Nogent, Bray et Montereau , dirigea Wredeet Wittgenstein sur Nangis; le prince Eugene de Wurtemberg, qui venait d’enleverSens, malgre la belle defense du general Alix, s’etablit en avant de Montereau ; Bian-chi marcha sur Fontainebleau et les Cosaques de Platof jetterent la desolation entrel’Yonne et la Loire.
Oudinot et Victor, ne pouvant arreter cette invasion si mena^ante des plaines de laBrie, se repliörent, toujours en combattant deposte en poste, jusqu’ä Guignes oü ilsfurent rejoints par le marechal Macdonald et quelques renforts, et prirent positionderriere la riviere d’Ycres; l’ennemi les y suivit.
L’alarme etait dans Paris , et k chaque instant il en partait des courriers allant de-mander secours k Napoleon . Gelui-ci, instruit de la marche de Schwartzenberg, avaitlaisse au marechal Marmont et a Grouchy la mission d’observer Blücher retire ä Ghä-