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Atlas formant le tome VIII.
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LEGENDES.

Ions, ou il cherchait ä retablir son armee, et, partant de Montmirail avec une partiede sa garde, il se dirigea, par Meaux , sui’ Guignes, marcliant jour et nuit; l’infanterieet l’artillerie courant en poste et redoublant de vitesse au bruit du canon qui gron-dait sur Ies bords de l’Ycres.

Parti de Meaux le 16 au matin, Napoleon arriva sur Guignes par Crecy etFonte-nay. Depuis midi, on sebattait dansla plaine; OudinotetYictor opposaient une resis-tance energique pour conserver le chemin de Chaulnes, par oü I’Empereur avait pro-mis d’arriver; mais lorsqu’il en deboucha l’ennemiy avait dejä ses tirailleurs. Il etaittemps que la jonction se fit, eile allaitetre compromise.

L’armee reunie en ce moment sous les ordres de Napoleon , ne depassait pas trentemille hommes; c’est ä la tete de ce petit nombre de combattants, qu’il reprit imme-diatement l’offensive contre la grande armee alliee.

Le 17 au matin, toute l’armee se porta en avant, et les ennemis reconnurent, ä lavigueur des coups qui leur etaient portes, la main qui les dirigeait.

Le marechal Victor, marcbant en tete sur Nangis, soutenu par la cavalerie de Kel-lerman et de Milhaud, replia pres de Mormant un corps russe de huit mille hom-mes. Les colonnes d’attaque, pressant leur course, Mormant fut attaque de front, ettourne par la cavalerie; l’infanterie y entra au pas de Charge. Drouot, avec trente-sixpieces de la garde, couvrit de feu les masses ennemies, la deroute commenpa; l’in-fanterie alliee, enfoncee de toutes parts, mit bas les armes en grande pai’tie; la cava-lerie fuyant ä toute bride, echappa ä la destruction en se jetant sur Provins et Ville-neuve-le-Comte. Neanmoins, le general Pire I’atteignit pres de Nangis, lui prit sixpieces de canon et fit un grand nombre de prisonniers. Le Marechal, arrive ä la hau-teur de Valjouan, y aborda la division bavaroise Lamotte et la fit attaquer par soninfanterie, tandis que le general Bordesoulle la chargeait avec ses cuirassiers. La-motte, formd en carres, chercha ä gagner Donnemarie , mais le general Gerard debou-cha du bois, tomba sur ces carres ä la balonnette et les mit en desordre. La perte desBavarois etait certaine si Victor eüt fait appuyer Gerard par sa cavalerie; mais ce Ma-rechal, considerant l’extreme fatigue destroupes, arreta la poursuite etlaissa ä l’en-nemi le temps de se rallier et d’arriver avant lui au pont de Montereau .

Schwartzenberg, ä la nouvelle de la defaite de son avant-garde, se häta de repasserla Seine, conservant seulement les ponts de Nogent, Bray et Montereau . Le princeEugene de Wurtemberg couvrit ce dernier en prenant position sur les hauteurs deSurville.

De son cöte, Napoleon informe de la faute du marechal Victor, ordonna, pour lelendemain, une attaque combinee sur ce point.

Le general Pajol, avec sa cavalerie, devait pousser tout ce qui se trouvait devantlui, tandis que Gerard et le marechal Victor l’aborderaient par la droite.

Journde du 18.

A la pointe du jour (les Frangais en bleu de Cobalt , les allies noir et minium ), Pa-jol replie les avant-postes ennemis, execute plusieurs charges, debusque l’infanteriealliee du bois de Valence, se forme ä la sortie de ce bois et engage unevive canonna-de qui dure jusqu’ä midi.

Le marechal Victor arrive devant Montereau vers neuf heures. Le prince de Wur-temberg a ötabli ses troupes sur’le plateau de Villaron et de Saint-Martin, occupant

les hauteurs de Surville qui dominent la ville et les ponts de Montereau ; son artille-rie, nombreuse et bien placee, contribue ä augmenter la force de sa position.

Le marechal Victor fait former des colonnes d’attaque et les dirige contre les Iignesennemies qui font un feu soutenu.

Le general Chateau enleve Villaron, qu’il ne peut conserver; Duhesme renouvelleI’attaque, pendant que Chateau, se jetant ä gauche, cherche ä tourner les hauteursde Surville pour atteindre les ponts. Apresavoir culbute tout ce qui veut s’opposer äsa marche, ce brave general va atteindre son but, lorsqu’il est blesse mortellement.Sa brigade retrograde, et une nouvelle tentative sur Villaron echoue egalement. Aune heure, aucun progres n’a ete fait.

Le general Gerard arrive alors avec la reserve, repoit le commandement de toutesles troupes engagees et dirige les attaques. Aussitöt, il fait rentrerles tirailleurs maldisposes dans un terrain dejä defavorable, et, augmentant son artillerie, parvient ä mai-triser lefeu del’ennemi, jusqu’alors superieur. Nos quarantepieces fontun tel mal4l’infanterie alliee, que le general Daring marche sur elles pour s’en emparer; mais,Charge par le general Gerard, il est repousse avec perte. Dans le meme moment, leplateau de Surville est vigoureusement assailli par nos colonnes; Napoleon fait ap-puyer le mouvement par deux bataillons de vieille-garde; le prince de Wurtem-berg se decide ä la retraite et la presence des grenadiers la precipite; les hauteurs deSurville sont en notre pouvoir. Des batteries de la garde y sont etablies et par leurfeu plongeant foudroient les Wurtembergeois entasses dans Montereau. Napoleon , aumilieu d’une grele de boulets, pointe lui-meme les pieces, commande le feu et excitel’admiration et les murmures de ses soldats qui le voient expose ä la mort. « Allez,mes amis, leur dit-il enriant, ne craignes rien; le boulet qui me tuera n’est pasencore fondu. »

Ddjä une partie des Wurtembergeois a commence ä s’engager dans le defile quiconduit au pont, lorsque Pajol, chargeant l’infanterie qui couvre ce mouvement, laculbute dans le defile meine. Le prince de Wurtemberg veut opposer sa reserve äcette attaque impetueuse. mais le prince de Hohenlohe , qui la guide, est renversed’un coup de feu; le desordre se repand, l’encombrement devient aftreux. Tous lespassages sont obstrues, les ponts sont mitrailles par l’artillerie de la garde; l’ennemitente de faire sauter celui de la Seine , VOperation manque; du Coetlosquet s’elancedessus augalop, le traverse, refoule les fuyardsdans la ville ety entre pcle-mele aveceux suivi de la division Duhesme qui s’y precipite au pas de Charge.

Les habitants de Montereau , exasperes par les indignes traitements qu’ils ont su-bis de la part des soldats de Wurtemberg, prennent part au combat: ils lancent surl’ennemi tous les decombres qu’ils peuvent saisir, le fusillent par les fenetres, barri-cadent les rues et dirigent nos colonnes.

Duhesme et du Coetlosquet traversent rapidement la ville et poursuivent les enne-mis sur la route de Sens, suivis des escadrons de Service de la garde, commandes parle general Dautancourt.

L’Empereur etablit son quartier general dans le chäteau de Surville; la garde can-tonne dans Montereau, et le reste de l’armee, sur la rive gauche de la Seine .

Cette bataille coüta aux allies huit mille hommes, dont cinq mille prisonniers,quatre drapeaux et six pieces de canon. Le prince de Hohenlohe fut tue et le generalSchoeffer fait prisonnier. Nous eümes deux mille cinq cents hommes hors de combat,et perdimes le brave general Chäteau. Le general Delort fut blesse.

L’Empereur poursuivit l’ennemi le lendemain.