LEGENDES. fix
polytechnique, s’empare de plusieurs piöces et est repousse par le trenti&me de dra-gons commande par le colonel Ordener,
Barclay renouvelle ses attaques sur le marechal Marmont, et s’empare de Bagnolet et de Charonne; nos troupes sont ramenees sur Belleville oü Marmont se defend avecune poignee d’hommes et se bat avec une energie admiree des ennemis eux-memes.Ecrase par le nombre, il est force d’abandonner la ferme du Rouvroy, la butte Chau-mont, Belleville , Menilmontant, le cimetiere du Pere Lachaise et se trouve rejete surl’enceinte de Paris . L’ennemi lance des obus dans les faubourgs.
Pendant ce temps Blücher presse le marechal Mortier. Le corps de Langeron seporte sur le bois de Boulogne, Woronzof empörte la Villette, et le prince Guillaumede Presse attaque la Chapelle. Ces deux points, defendus avec opiniätrete jusqu’äl’arrivee des gardes prussiennes, tombent enfin au pouvoir de l’ennemi, et les trou-pes frangaises viennent s’appuyer aux barrieres. Le general Belliard contient encoreLangeron vers la route de Clichy .
La resistance devenait impossible, les Marechaux se decident a user de l’autorisa-tion du roi Joseph, concluent un armistice, et des Conferences sont entamees pourtraiter des clauses de la capitulation. Mais Langeron , ignorant cette Suspensiond’armes, continue son attaque. I! se porte sur la ligne de Mortier; Belliard, malgreses brillants efforts et ceux de lagarde nationale, ne peut arröter sa marche; la cava-lerie francaise est rejetee sur les hauteurs de Montmartre qui, bientot apres, sont cou-ronnees par l’ennemi. Enfin l’armistice est connu sur toute la ligne et le feu cesse.
La capitulation est signee ä cinq heures. Les postes sont remis, par l’armee , ä lagarde nationale. Pendant la nuit les troupes evacuent Paris , et le lendemain l'ennemiy entre!...
L’Empereur, accourant au secours de la capitale, arrivait ä Juvisy , lorsqu il y ren-
contra la cavalerie du general Belliard, et apprit la capitulation. Il comprit que toutetentative pour delivrer Paris etait inutile, et il se retira ä Fontainebleau .
Les allies triomphants occuperent la capitale d’une nation qui, depuis dix ans,avait possede les leur tour ä tour, D’indignes Erangais, desfemmes ehontees saluerentleur entree par des cris de joie qui exciterent le mepris des vainqueurs.
Talleyrand et sa coterie de traitres et d’intrigants saisirent le moment, organise-rent, le 1 er avril, un gouvernement provisoire dont ils furent les membres, jeterentl’insulte et la calomnie au grand homme qui les avait epargnes, et obtinrent le len-demain du Senat , toujours servile, un acte de decheance contre Iui. L’empereurAlexandre, circonvenu par eux, se Iaissa entrainer ä faire une declaration par laquelleil annoncait ne vouloir traiter d’aucune convention avec l’empereur Napoleon .
A la vue de ces deux pieces repandues ä profusion dans les rangs de l’armee fran-gaise, Marmont, l’enfant adoptif de Napoleon , se Iaissa aller ä une action qui de-vait ternir sa gloire passee et empoisonner sa vie future; il abandonna son sou-verain , trompa ses soldats, ses officiers, et vint avec son corps d’armee qui couvraitl’Empereur ä Essonne, se livrer au gouvernement de Talleyrand et au pouvoir desennemis.
Napoleon , le cceur navre de tant de deceptions, ne voulut plus disputer un tröneque la force, la haine, latrahison et l’ingratitude avaient ebranle; il abdiqua.
Le 11, les allies signerent le traite de Fontainebleau, accepte par Louis XVIII , etdont tous les articles devaient etre violes par lui.
Le 20, L’Empereur fit ses adieux aux compagnons de sa gloire, partit pour sonexil, accompagne de quatre cents de ses vieux grenadiers dont le sort etait envie parl’armee entiere, et Iaissa la France en proie aux partis, aux vengeances et aux regrets.
BATAILLE DE TOULOUSE.
(IO Avril 1814 .)
Lorsque, apres laperte dela bataille de Vittoria (12 juin 1813), l’armee d’Espagne fut obligee d’evacuer ce royaume et de revenir sur les frontieres de la France , eileetait dans un etat deplorable, et un peu plus d’audace de la partde Wellington eütacheve sa reine ; mais, toujours tres prudent, il Iaissa au marechal Soult le temps dela reorganiser et de la rendre redoutable malgre son inferiorite numerique, ce qu’ilfit rapidement.
En effet, nomme par l’Empereur son lieutenant-general aupres des armees d’Es-pagne et revetu de pouvoirs illimites, le duc de Dalmatie arriva äBayonne le 12 juil-
let 1813, et, dix jours apres, il reprenait l’offensive avec une armee beaucoup moinsforte que celle de Wellington, mais qui eomptait parmi ses generaux Clausel, Reille,Drouet-d’Erlon, Foy, Harispe , etc., etc. Des les premiers engagements, l’ennemireconnut que s’il n’avait pas pour adversaire le grand capitaine dont le nom estimmortel, il s’etait fait remplacer par le plus digne de son choix.
De cette epoque ä celle oü nous arrivons (neuf mois), le Marechal avait couvert lemidi de la France, livre une foule de combats, plusieurs batailles, mis Bayonne enetat de defense, envoye des renforts ä 1’Empereur, cause des pertes considerables