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Atlas formant le tome VIII.
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BIBLIOTHEQÜE historiqüe et militaire.

BATAILLE ET PRISE DE PARIS .

(30 Mars 1814.)

A la nouvelle de la defaite complete du prince de Wurtemberg , ä Montereau , legeneralissime Schwartzenberg s’etait retire tout eperdu sur Troyes, appelant Blücher ä son secours. Les deux armees alliees se mirent en communication , mais elles re-fuserent la bataille que Napoleon leur presenta, et des propositions d’armistice furentmeme faites par les coalises. Des Conferences s’ouvrirent ä Lusigny; les conditionsproposees par les ennemis n’etaient pas acccptables; l’Empereur se vit de nouveauforce de recourir ä I’epee.

La grande armee alliee se replia sur Cliaumont; Blücher , renforce, se reporta surMeaux. Les marechaux Mortier et Marmont, assaillis par lui et par Wintzingerode etBulow , venant de Laon et de Reims, se retirerent jusqu’ä Meaux oü ils arreterentles Prussiens. Passant ensuite ä l’offensive , ils ramenerent Blücher sur l’Ourcq aumoment oü l’Empereur s’avanpait sur sesderrieres. Le marechal prussien etait perdusi un general Moreau, commandant ä Soissons , ne lui avait abandonne cette ville etle passage de l’Aisne .

Napoleon le poursuivit par Bery au Bac, livra a ses lieutenants Sacken et Woronzof,la bataille de Craonne (7 mars); les rejeta sur Laon et y attaqua, le 9, les cent millehommes de Blücher avec trente-cinq mille combattants harasses qui le suivaient. Lesucces etait impossible. L’Empereur rnarchant ensuite sur Belms, y fit attaquer legeneral Saint-Priest qui fut defait et tue.

Pendant ces operations la grande armee alliee, se portant sur les marechaux Ou-dinot et Macdonald, qui lui etaient opposes, les ramena sur Troyes, puis sur la Seine .Apprenant l’insucces de l’Empereur devant Laon , Schwartzenberg se decida ä passerla Seine ä Pont et ä se diriger sur Paris .

Napoleon, instruit de ces evenements, laissa Marmont et Mortier sur l’Aisne avecvingt mille hommes, marcha sur la grandearmde ennemie qui battit en retraite im-mediatement. La bataille d’Arcis eut lieu le 20 mars, eile resta indecise,etl’Empereurse resolut ä se jeter sur les derrieres des allies par Saint-Dizier . Le 25 il etait dejäarrive ä Doulevent.

Blücher, de son cöte, aprös etre reste blotti derriere l’Aisne jusqu’au 20, repassacette riviere, et les marechaux Marmont et Mortier se retirerent devant lui, en perdantleurs Communications avec l’Empereur, tandis que le marechal prussien retablissaitles siennes avec Schwartzenberg ä 1’armee duquel il se reunissait le 23.

C’est dans cette Situation que les allies se deciderent ä se porter en rnasse sur Paris ,Sans s’inquieter du mouvement de Napoleon sur la Lorraine. Marmont et Mortier,battus ä Fere-Champenoise le 25, pouvaient moins que jamais s’opposer ä cette ma-nceuvre. Ils se retirerent avec peine par Provins, Guignes et Melun , d’oü ils gagnerent

Paris. Blücher entra dans Meaux le 28, et son avant-garde atteignit Yilleparisis lememe jour.

L’Empereur reconnaissant qu’il n’avait plus, devant lui, que des corps destines ämasquer l’operation decisive des allies, revint sur ses pas. Il etait trop tard !

Le 29, les generaux ennemis continuerent leur marche sur Paris , laissant les corpsde Sacken et de Wrede ä Meaux pour couvrir leur ligne d’operation, et les mare-chaux Mortier et Marmont entrant dans Paris par Charenton , se porterent sur leshauteurs qui dominent cette grande ville au nord.

L’armee de ces deux marechaux, apres avoir recu tous les renforts qu’on put tirerdes depöts de Paris , ne s’elevait encore qu ä vingt-trois mille hommes environ. Ladroite, aux ordres de Marmont, occupait Charonne, Montreuil, Bagnolet, Belleville ,Romainville , les Pres Saint-Gervais et le plateau de Malassise. Le marechal Mortieravec la gauche,- tenait Pantin, Aubervilliers , la butte Chaumont, la Yillette et la Cha-pelle. La cavalerie, commandde par le general Belliard, s etendait de la route de Saint-Denis ä l’avenue de Neuilly.

Le marechal Moncey commandait cinq ou six mille gardes nationaux repandus entirailleurs sur toutela ligne. Les invalides, leselöves de l’Ecole polytechnique et descanonniers de marine servaient les batteries elevees pour la defense des principalesavenues.

Le roi Joseph , lieutenant de l’Empereur , commandait en chef cette faible armeequi s’elevait en tout a trente mille cinq Cents hommes, et allait etre attaquee par centcinquante mille allies, repandus devant eile dans les plaines.

Le 30, des six heures du matin, le canon se fait entendre; Barclay de Tolly com-mence l’attaque.

Le corps russe de Rayefski se porte sur la gauche de Marmont; la hauteur de Ro-mainville est enlevee par l’ennemi et reprise par le general Compans qui se couvrcde gloire; mais les masses des troupes alliees s’avancant de tous cötes, le combat de-vient des plus acharnes, et Montreuil est occupe par les Russes . C’est le seul avantagequ’ils obtiennent en ce moment.

Le roi Joseph autorise neanmoins les marechaux ä capituler, se hMe de prendre laroute d’Orleans avant qu’elle ne soit interceptee, et va rejoindre 1’Imperatrice et le roide Rome dejä partis pour Blois .

Blücher debouche dans la plaine Saint-Denis et se propose de deborder la gauchede Mortier; le prince deWurtemberg attaque Charenton etSaint-Maur; tonte l’armeealliee est entree en ligne. Pahlen, avec sa cavalerie, secondo l’attaque du prince deWurtemberg par le bois de Vincennes , et s’avance sur la barriere du Tröne; il Char-ge sur une reserve d’artillerie de la garde nationale, servie par les eleves de 1 Ecole