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Atlas formant le tome VIII.
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LEGENDES i

moyens pour se concilier les Francais et les porter ä arreter la marchedu conquerantqu’il traitait de rebelle et mettait hors la loi: proclamations, caresses, serments,changement de ministres, convocation des chambres, tout fut employe et tout futinutile. Le camp de Melun vint en masse rejoindre I’Empereur Ie 19, et le soir meinele chef des Bourbons prenait encore une fois le chemin de l’exil, suivi de sa famille,de quelques-uns de ses anciens serviteurs et de plusieurs des anciens lieutenants deNapoleon , trop coupables envers Iui pour oser affronter sa presence.

Le duc d’Angouleme envöye ä Toulouse, la duchesse ä Bordeaux , le duc de Bour-bon en Vendee, essayaient d’y organiser la guerre civile; mais ils se trouverent heu-reux, apres quelques tentatives avortees, qu’on leur ouvrit le chemin de la frontiere.

Le 20 mars, l’Empereur rentrait dans son palais des Tuileries au milieu des cris dejoie et d’amour pousses par un peuple en delire.

Ainsi s’accomplit cette etonnante revolution, sans qu’elle coütät une seule goutte desang ä la France .

A peine installe dans son palais, l’Empereur s’occupa, avec son activite sans egale,de reorganiser l’administration et l'armee. Cambaceres, Carnot, Fouche, Decres ,Gaudin, Caulincourt et Davout furent appeles par lui ä le seconder. Davout , Chargedu ministere de la guerre, avait une grande täche ä remplir, car les Bourbons avaientlaisse l’armee dans un oubii total.

Napoleon fit immediatement tous ses efforts pour obtenir la paix, tout en se pre-parant a la guerre; mais ses demarches aupres des diverses puissances furent sanssucces. La crainte que l'Empereur inspirait aux allies prets ii s’entredechirer pour lepartage de leurs conquetes, les reunit de nouveau. Leur amour-propre s’irrita, ettremblant de se voir enlever par l’ennemi commun ce qu’ils convoitaient avectant d’ardeur, ils coururent aux armes de nouveau. Talleyrand excitait leurs es-prits inquiets, et c’est lui qui redigea la violente declaration par laquelle lescoalises revelerent leurs intentions aumonde entier. L’Empereur, äla lecture de cettedeclaration, ne devait plus hesiter, et il eüt de suite commence les hostilites en enva-hissant la Belgique , mais il n’avait pas quarante mille homrnes a sa disposition, laVendeei’emuait, le duc d’Angouleme guerroyait encore dans le midi; il dutattendrele rnoment oü l’armee serait reorganisee. Par malheur, ce fut en ce moment que le roide Naples, voulant effacer les Souvenirs de 1814, n’attendit pas les instructions del’Empereur et commenpa la levee de boücliers qui, amenant sa chute, augmentalesforces ennemies.

Deux cent mille hommes ä peine avaient ete conserves sous les armes parLouis XVIII. Napoleon rappela les anciens soldats licencies, leva les conscriptions de1814 et 1815, arma deux Cents bataillons de gardes nationales, augmenta les cadresde l’infanterie et de la cavalerie, fit fabriquer des armes, fondre des canons, organisales equipages, augmenta sa garde, forma vingt regiments de marine, et au bout de deuxmois (Ie 1 er juin), l’armee etait deja portee ä quatre cent quatorze mille hommes. Aumois de septembre, eile eüt ete de sept cent mille; le temps manqua.

Paris et Lyon furent fortifies autant que possible par les soins des generaux Ilaxo etLevy et des ordres furent donnes pour la mise en etat de defense des places frontierespresque reduites ä un etat d’abandon.

Ges resultats admirables etaient balances par les inconvenients. que presentaitl’attitude des chambres legislatives qui, au lieu d’aider le souveraia dans sa grandemission, commencaient leur session par des discours de nature ä. embarrasser samarche et ä lui faire presager une Opposition hargneuse et bavarde.

De leurcöte, les allies, mettant une activite inouie dans leurs preparatifs deguerre, accouraient en poste du fond de leurs Etats vers le Rhin et la Meuse . Endeux mois, les Russes franchissaient l’espace de la Vistule aux frontieres de laFrance ; les Autrichiens, les Bavarois, les Wurtembergeois, les Badois, etc., bor-daient la foret Noire et le Palatinat; Wellington et Blücher , avec deux cent vingtmille Anglais, Prussiens , Beiges, Hanovriens, Brunswickois, s’etendaient entreLiege et Courtray. Un million d’hommes enfin s’appretait ä fondre sur la France , etl’Angleterre etait l’arsenal d’oü sortaient tous les instruments de destruction destinesä armer ces masses. Ses flottes portaient sur tous les points des armes, des hommes,des munitions et de l’or.

Pour faire face ä tant d’ennemis, l’armee de Napoleon etait bien faible, et, cepen-dant, il fallait encore qu’il la divisat pour couvrir tous les points vulnerables del’Empire, apres avoir mis des garnisons dans les places les plus exposees. Deux corpsd’observation, sous Decaen et Clauzel, furent formes ä Bordeaux et ä loulouse; lemarechal Brune en commandait un sur leVar; Suchet formait l’armee d’Italie enSavoie ; le general Lecourbe avait sous ses ordres le corps de Befort; Belliard celuide Metz, et Rapp celui de Strasbourg. La Vendee , travailiee par ses anciens chefs debande, etait contenue par quinze mille hommes aux ordres du general Lamarque. Ilne restait pour l’armee principale, destinee ä entrer en Belgique , que cent vingtmille hommes.

L’Empereur, voyant que toutes ses demarches pour entamer des negociations etaientrepoussees, se decida ä ouvrir la Campagne. Parti de Paris le 12 juin, il arriva le 14 aBeaumont, oü fut etabli son quartier-general. L’armee, qu’il allait diriger, presentaitles forces et dispositions suivantes :

Premier corps d’infanterie, comte Drouet-d’Erlon (vingt mille six Cents hommes),a Solre-sur-Sambre; deuxieme, comte Reille (vingt-deux mille huit Cents hommes),ä Ham-sur-Eur; troisieme, comte Vandamme (seize mille hommes), a Beaumont;quatrieme, comte Gerard (quatorze mille six cents hommes), ä Philippeville ; cin-quieme, en formation, sous les ordres du general Lemarois; sixieme, comte Lobau(douze mille six cents hommes), ä Beaumont. Gardes, vieille et jeune, cavalerie et in-fanterie (dix-huit mille quatre cents hommes), ä Beaumont. Premier corps de cavalerie,general Pajol (deux mille huit cents hommes); deuxieme, Excelmans (trois mille hom-mes); troisieme, general Milhaud(trois mille six cents hommes; quatrieme,Keller-mann (trois mille sept cents hommes), tous les quatre aux environs de Beaumont.

Le marechal Soult remplapait, comme major-general, l’infortune Berthier qui avaiteu le malheur de douter de l’indulgence de Napoleon . Mortier, malade, ne put Com-mander la garde qui lui etait destinee. Ney et Grouchy furent appeles ä conduire lesailes de l’armee, comme lieutenants de l’Empereur.

Par suite des combinaisons habiles du grand capitaine, tous les corps de l’armee,jusqu’alors cantonnes depuis Lille jusqu’ä Metz , se trouverent reunis, lel4, sur laSambre, devant Charleroy , et, le 15 au matin, ils passaient cette riviere pendant queWellington donnait des fetes ä Bruxelles.

Blücher , moins galant, avait dejä songe ä reunir son armee. Le premier de sescorps etait ä Charleroi, le deuxieme ä Namur, le troisieme a Dinant , le quatrieme äLiege, le cinquieme couvrait Luxembourg .

Quant ä l’armee de Wellington, eile etait encore dans ses cantonnements depuisOudenarde jusqu’ä Nivelle, et Napoleon manoeuvrait de maniere ä empecher sa jonctionavec celle de Blücher .