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Atlas formant le tome VIII.
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BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE ET MILITAIRE.

Les corps frangais se mirent en mouvement au point du jour. Reille franchit IaSambre ä Marchienne-au-Pont , et se dirigea sur Gosselies; Gerard, retarde par lesmauvais chemins, ne put arriver ä temps pour couper la retraite aux Prussiens surla route de Gilly; Vandamme fut aussi contrarie clans sa marche par les memesmotifs; mais l’operation se fit neanmoins avec succes, et les autres corps passerentla Sambre ä Charleroi et au Chätelet. Les Prussiens du corps de Ziethen furentchasses de Gosselies sur Frasne, d’oü ils se rabattirent sur Ligny,

Le marechal Grouehy regut l’ordre de pousser jusqu’ä Sombref, et le marechal Neycelui de prendre le commandement des corps de Reille et de Drouet pour les porterimmediatement sur la route de Bruxelles. Grouehy, arrete par Ziethen vers Gilly, futsoutenu par-Vandamme, et les ennemis deloges des bois de Soleilmont et de Lambu-sart. Le marechal Ney, entendant le canon, suspendit son mouvement et s’etablit enavant de Gosselies. L’Empereur rentra dans Charleroi qu’il avait traverse, et lestroupes de la droite et du centre camperent en arriere d’Heppignies et autour deCharleroi . La journee coüta douze ä quinze cents hommes ä l’ennemi, et nous eümesa regretter le brave general Letort, tue au bois de Soleilmont.

Jour nie du 16.

Le 16, l’armee reprit son mouvement apres avoir reeu une nouvelle Organisation.Ney, ä la tete de l’aile gauche, reunit sous ses ordres les premier et deuxieme corpsd’infanterie, la eavelerie de Kellermann et une division de la garde sous Lefebvre-Desnouettes . L’aile droite, sous Grouehy, etait composee des corps de Vandamme,de Gerard, de Pajol, d’Excelmans et de Milhaud. Le corps de Lobau et la garde for-maient la reserve.

Le marechal Ney, trompe par de faux rapports, s’avanpa lentement sur Quatre-Bras, et cette lenteur nuisit au succes que se promettait Napoleon. Cependant l’Ern-pereur, se portant en avant, arriva bientöt sur les hauteurs de Fleurus et decouvritl’armee prussienne, forte de quatre-vingt-dix mille hommes, rangee en bataille surla rive opposee du ruisseau de Ligny qui couvrait son front. La gauche s’etendaitvers Tongrines; la droite, derriere Saint-Amand, etait appuyee ä Wagnele. Lecentre occupait Ligny. La deuxieme ligne et les reserves se deployaient entre Bry etSombref.

L’Empereur, apres avoir reitere au marechal Ney l’ordre de marcher vivement surQuatre-Bras, oü dejä le prince d’Orange rassemblait une partie de l’armee de Wel-lington, disposa son attaque ( bleu de Cobalt).

Le corps de Gerard s’avance en face de Ligny ; Vandamme se porte devant Saint-Amand, soutenu par la division Gerard tiree du corps de Reille, d’une division dejeune-garde et la cavalerie du general Domont. Le marechal Grouehy, ä Ia tete descorps de Pajol et d’Excelmans et de la division Ilulot du quatrieme corps d’infanterie,forme la droite et s’etend de Ligny ii Boignee.

La garde est en position ä gauche de Fleurus , et les cuirassiers du general Milhauda droite. Le sixieme corps (general Lobau) est en marche de Charleroi sur Fleurus (en tout soixante mille hommes).

L’armee prussienne {jaune et noir ), disposee comme il est dit plus haut, est divi—see en trois commandements principaux : Ziethen , avec vingGhuit mille hommes,

defend en premiere ligne Ligny et Saint-Amand; Pirch, qui a trente-deux millehommes sous ses ordres, est en deuxieme et troisieme ligne; et Thielmann forme lagauche avec vingt-quatre mille combattants et la reserve de cavalerie. Une forte re-serve d’infanterie esten arriere de Sombref.

Vers deux heures et demie, l’attaque commence. La division Lefol du corps deVandamme ( rouge cctimin ) se porte sur Saint-Amand la baionnetteen avant, culbuteles avant-postes, penütre dans le village et en chasse les Prussiens {vert et noir );mais la deuxieme ligne ennemie arrive ä leur secours et, apres une vive resistance,parvient h reprendre le village dont le clocher et le cimetiere restent seuls auxFrancais .

Le general Gerard attaque Ligny en meme temps (rouge carmhi); mais l’ennemi{vert et noir) le defend avec une fermete remarquable, et une partie seulement duvillage tombe en notre pouvoir. Le combat devient general et continue avec unacharnement dont on a peu d’exemples.

Vandamme se lance de nouveau sur Saint-Amand {violet), pendant que Girardfranchit le ravin et deborde les Prussiens par Wagnele : il y penetre, mais le braveGirard est lud, et les reserves prussiennes, accourant ä l’appui de leur premiisreligne, reprennent le village, qui devient tour ä tour la possession des deuxarmees.

Le general Gerard multiplie sesattaques contre Ligny qu’il empörte plusieurs fois,malgrö les obstacles que pr&ententl’escarpement du ruisseau, leshaies, les clöturesetla superiorite de l’ennemi; maisprivedu concours de la division Hulot, placee enObservation c’est avec dix mille hommes seulement qu’il se maintient dans la partieinferieure contre vingt mille Prussiens qui ne peuvent l’en deposter.

Excelmans {violet) manmuvre habilement pour empecher les Prussiens de debou-cher de Tongrenelle, tandis que Pajol observe Boignee, et que Milhaud ( rouge carmin)et les cuirassiers soutiennent Gerard.

Telle est la position des alfaires lorsque, vers cinq heures, au moment oü la gardeva donner, une colonne se montre, dans la direction de Wagnele, sur le flanc deVandamme, qui Ia prend pour ennemie et annonce ä l’Empereur qu’il craint d’etreforce ä la retraite.

C’etait le corps du general Drouet {rouge carmin) qui, appele par l’Empereur pouroperer sur le flanc droit de l’ennemi, debouchait ä droite de 1 ancienne Chausseeromaine. On fit reconnaitre ce corps, on perdit du temps, et, lorsqu’on eut la certi-tude que ce n’etait pas une colonne ennemie, il disparut {violet) sur un ordre pres-sant du marechal Ney qui l’appelait ä son secours dans le combat qu’il livrait auxAnglais . C’est ainsi que, par une deplorable fatalite, ccs vingt mille hommes passerentla journee en marches et contre-marches, sans etre ul'des ä l’Empereur ni au Mare-chal tandis que leur presence, ä Tune ou l’autre des actions, eüt rendu la victoiresi complete que Waterloo n’eüt pas laisse son nom sanglant sur les pages del’histoire.

Cependant la canonnade continuait avec une rare vivacite : nos artilleurs portaientle ravage dans les rangs prussiens, et Blücher , impatient de s y soustraire, manceu-vrait avec sa cavalerie pour appuyer sa droite; lorsque l’Empereur, reunissant ä sagarde a pied les cuirassiers de Milhaud et la garde ä cheval, laisse le corps deMouton ( violet) en deuxieme ligne et debouche sur Ligny. Il traverse rapidement cevillage d’oü il culbute les Prussiens, arrive au-delä du ruisseau et lance sur Tennemi