LEGENDES.
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(noir et minium ) ses soldats exaltes. Les airs guerriers, les chants nationaux et leterrible pas de Charge retentissent de toutes parts; la ligne entiere est en feu et laterre tremble sous le galop des escadrons de Grouchy . L’ennemi, aborde avec unevigueur irresistible, estenfonce, rompu et rejete sur Sombref et sur Bry. Blücher , äla vue de son centre en deroute, accourt avec sa cavalerie : il veut arreter la nötre ;mais tout fuit autour de lui; son cheval est tue et l’entraine dans sa chute; nos cava-liers le depassent sans le reconnaitre, et pendant dix minutes il est sans espoir desalut; enfin, un de ses officiers le delivre, et, sur le cheval d’un lancier, il varejoindre son armee fuyant dans toutes les directions. Les Frangais prennent positionsur les hauteurs qu’ils viennent d’enlever avec tant de valeur. Vandamme s’avancesur Bry, et l’armee entiere campe sur le champ de bataille.
Lanuit est arrivee et a mis fin au combat. Ziethen , ä la faveur des tenebres, seretire sur Tilly ; Pirch sur Gentinnes, et Thielmann sur Gembloux . Le desordre estsi grand dans ces differents corps, que les generaux peuvent ä peine reunir trentemille hommes sous leur direction : vingt mille sont tues ou hors de combat; quarantepieces de canon tombent en notre pouvoir.
Pendant cette glorieuse bataille, le marechal Ney, arrive trop tard ä Quatre-Bras,avait attaque les allies deja tres nombreux et sans cesse renforces. Ses premieres ope-rations avaient ete couronnees de succes; mais les faibles divisions de Reille, apresavoir fait des merveilles sous les ordres du prince Jerome et du general Foy, etaientmenacees de tous edles, quand le general Kellermann se jeta ä la tete de ses cuiras-siers sur les ennemis toujours plus nombreux : trois regiments ecossais sont detruitsdans cette Charge brillante, et la ligne ennemie repoussee, mais pour peu de temps.Wellington, revenu de Bry oü il a ete conferer avec Blücher , fait avancer des troupesfraiches arrivant de toutes les directions, et Ney se replie sur Frasne oü il tientcontre des forces quadruples des siennes, jusqu’au moment oü le general anglais ,apprenant la defaite de Blücher , bat en retraite, apres avoir perdu cinq mille hommeset le duc de Brunswick tue ä la tete de ses troupes.
Les Frangais perdirent, dans les deux affaires, environ huit mille hommes mis horsde combat. Le general Girard, dont l’armee entiere connaissait et admirait la valeur,fut le seul officier general frappe mortellement.
Le 17, au matin, l’Empereur partit de Ligny et se dirigea contre les Anglais , restesmaitres du champ de bataille aux Quatre-Bras, esperant les surprendre dans cetteposition ou les attaquer dans leur retraite; mais dejä ils s’etaient retires. Il avait aveclui sa garde, le sixieme corps (Mouton ), deux corps de cavalerie (Milhaud et Keller-mann), et ceux d’infanterie de Drouet et de Reihe , dont le marechal Ney avait lecommandement superieur. Il laissait, au marechal Grouchy , le soin de poursuivreBlücher avec les corps de Gerard, de Vandamme, d’Excelmans et de Pajol (trente-sixmille hommes), lui ordonnant de mettre la plus grande vivacite dans cette pour-suite, et neanmoins de se tenir entre les Prussiens et l’armee frangaise marchantsur Bruxelles .
Wellington, dont la retraite avait ete couverte avec courage et habilete par songeneral de cavalerie lord Uxbridge, s’arreta dans la position de Mont Saint-Jean qu’ilavait reconnue ä l’avance , pendant que Blücher , apres avoir rallie son armee äGembloux , et y avoir tenu jusqu’au milieu de la journee du 17, venait d’atteindreWavre oü il passait la Dyle. Quant ä Grouchy , qui n’avait encore fait que deux lieues,il demeura ä Gembloux , laissant au general prussien la Iiberte de se reunir a Bulow,de se porter avec soixante mille hommes sur notre droite, et de concerter, avecWellington, leurs operations du lendemain.
L’Empereur, arrive pres de Planchenois ä la ferme de la Belle-AUiance, reconnut
la position des ennemis; mais la nuit approchait, la pluie tombait par torrent, lestroupes n’etaient pas toutes arrivees, et il remit l’attaque au lendemain en envoyantä Grouchy l’ordre d’occuper le defile de Saint-Lambert. Apprenant, dans la nuit, quece marechal etait encore a Gembloux , il lui reitera cet ordre.
La nuit fut cruelle pour nos soldats qui, n’ayant pu etre suivis par les vivres, souf-frirent de la faim, tandis que l’armee alliee, au centre de ses magasins, etait abon-damment pourvue et abritee. Les Francais n’en etaient pas moins pleins d’ardeur,et ils preparerent gaiment leurs armes pour le lendemain , avec la seule crainte dene plus trouver d’ennemis ä combattre.
Journee du 18.
Au jour la pluie a cesse, mais les terres sont defoncees; c’est avec peine quenotre artillerie peut se mouvoir, et a neuf heures seulement l’armee frangaise {bleu),forte de cinquante-six mille hommes , parvient ä se former sur le plateau oppose acelui oü les Anglais {jaune), au nombre de plus de quatre-vingt mille hommes, de-ploient leurs masses herissees de redoutes et de batteries.
A la gauche de l’Empereur sont les divisions prince Jeröme, Foy etBachelu, sousles ordres du general Reihe . La droite, commandee par le general Drouet-d’Erlon,