VENISE ET BOHEME.
69
gravite specifique; on ajoute ä cette solution 30 centimetres cubes(poids egal) d’alcool, et l’on fait bouillir le tout ensemble pendantquinze minutes.
4° L’eau-de-vie ordinaire constitue un assez bon reactif; mais lesalcools sont bien preferables et, parmi ceux-ci, les alcools aroma-tiques tels que l’alcool butylique, l’alcool amylique et l’alcool propy-lique, sont plus ordinairement choisis. L’emploi de ce reactif donnea la dorure un brillant particulier.
Comme pour les elements principaux du bain de dorure, nousdirons que la proportion du reactif ä y joindre n’a pas besoin d’etrescrupuleusement celle que nous indiquons; il ne faudrait pourtantpas non plus depasser de trop loin les limites fixees par l’experience,sous peine d’echouer.
La reaction — c’est-a-dire, en fait, l’operation de la dorure —commence aussitöt que les differents elements du bain sont reunis.
L’or s’etend et se fixe sur le verre dans tous les sens; mais pourque l’operation ait lieu d’une maniere utile et convenable, il fautqu’elle se produise de bas en haut. En consequence, la piece destineea recevoir la dorure doit etre piacee dans le bain dans une positionteile que l’or s’etende dans cette direction sur les parties ä dorer. Unplateau de verre, par exemple, doit nager sur le bain, si la surfaceentiere doit recevoir la dorure.
L’operation achevee, on retire la piece du bain, on la lave a l’eaupure, et on recouvre la dorure d’un vernis.
On pourrait argenter ou platiner le verre et le cristal par le memeprocede.
YI1
VENISE ET BOHEME
ORIGINE ET PROGRES DES VERRERIES DE MÜRANO . — Successive-ment heritiere de Rome et de Gonstantinople, Yenise, ou. l’art de laverrerie fut introduit de si bonne heure, que quelques ecrivains pre-tendent qu’on l’y pratiquait depuis la fondation de cette ville par lesVenetes, possedait de nombreuses manufactures longtemps avantqu’un seul fourneau füt erige sur la petite ile de Murano (1289). Onsait d’ailleurs que l’encombrement des verreries ä l’interieur de