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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES
dont le secret etait perdu depuis trois siecles, entre autres de la meineepoque. L’Exposition de 1878 offrait des temoignages incontestablesdes progres accomplis depuis peu dans cette branche si importante del’art du verrier : des verrieres de M. Lorin, destinees ä la cathedralede Vienne (Autriche) et ä diverses eglises de la France et de l’etranger,et traitees dans le style du xiv e et du xv e siede, y ont ete notammentadmirees presque sans reserve.
Jusqu’aux Etats-Unis , oü, d’ailleurs, la verrerie a pris dans cesderniers temps un developpement enorme, qui prennent leur part dumouvement dont la peinture sur verre est appelee a profiter, croyons-nous, dans une tres large mesure. Nous avons sous les yeux la des-cription de plusieurs verrieres destinees a des habitations particu-lieres, qui, si cette description est exacte, font grand honneur en veriteaux peintres verriers americains.
Nous avons suffisamment decrit les procedes de fabrication. Pourobtenir la coloration du verre dans la masse, c’est le meme moyenque du temps de Theophile qu’on emploie encore aujourd’hui : l’ou-vrier trempe sa canne dans le creuset rempli de matiere incolore, puisdans celui qui contient la matiere coloree; il egalise la masse en latournant sur le mabre et souffle pour obtenir le manchon de verredouble, traite ensuite comme le manchon destine a la fabricationdes vitres.
Ge procede permet d’enlever la partie coloree du vitrail parendroits, completement si Ton a des dessins transparents a produiresur un fond de couleur, comme on fait meme pour la gobeleterie deBoheme; ou bien encore de l’amincir en la faisant ronger plus oumoins profondement par l’acide fluorhydrique, de maniere ä produiredes degradations de nuances des plus delicates.
On se contente quelquefois, pour des travaux n’exigeant pointtant de delicatesse, de la seule matiere coloree; c’est un fait qu’il suffitde constater. Les progres de la chimie ont considerablement aug-mente, d’ailleurs, l’echelle des nuances dont le verrier peut faire sonprofit; et il y a quelque temps deja qu’on ne se plaint plus de la pertede tel ou tel secret de coloration qui faisait la gloire des vitraux dumoyen age ou de la Renaissance, parce nos peintres verriers ontbeaucoup plus de nuances ä leur disposition que ceux de ces temps-lä,si glorieux qu’ils puissent etre.