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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES

Les tuiles ne sont guere que des briques plus minces auxquellesune forme systematique est necessaire, et faites d’une pate plus fineet mieux corroyee. Pline en attribue 1’invention ä Ginyras, souverainde Chypre (1190 av. J.-C.), auquel on en prete beaucoup d’autres, etqui bätit Paphos et Smyrne . Nous serions assez porte a croire que lesAssyriens ne connurent pas, en effet, l’usage des tuiles, et nous avonsdeja dit nos raisons; cependant les Egyptiens en faisaient certaine-ment.

La construction en briques ne parait pas avoir jamais subi d’in-terruption dans Ie cours des ages, car on rencontre sur toute la sur-face de l’Europe des monuments edifies a l’aide de ces materiaux etappartenant presque a tous les siecles. Au v° siecle, par exemple,le palais de Theodoric, a Ravenne , fut bati avec des briques, et lamoitie des Campaniles de cette ville furent batis de meine; lesCampaniles de Rome anterieurs ä la Renaissance sont egalement enbriques. Du reste, toute l’Italie est couverte d’immenses palais de bri-ques, qui ne brillent pas toujours, a la verite, par leur elegance. Dememe l’Angleterre, qui pretend n’avoir point connu de constructionsen briques avant 1268; etjusqu’aux Etats-Unis , dont un grand nombred’edifices, dans leurs grandes villes surtout, sont bätis en briques.

Et la Chine que nous allions oublier, la Chine qui revendiquepour l’undessiens, vers2611 avant J.-G., l’invention desbriques! Lefait est que les Chinois ont fait de bonne heure une grande consom-mation de briques ; on a d’ailleurs des specimens de leur poterie quiremontent a une date inscrite seulement sur ce tableau noir fuligineuxqu’on appelle la nuit des temps; mais briques et poteries etaient deterre cuite.

FABRICATION DES BRIQUES DANS L’ANTIQUITE . — Les anciens pro-cedaient a la fabrication des briques d’une maniere sans doute fortsommaire. Des peintures trouvees dans les tombeaux de Thebes nousdonnent du reste une idee de leurs procedes. L’argile extraite a lapioche etait chargee dans des especes de corbeilles et portee a desouvriers qui la delayaient et la petrissaient, puis chaque brique ainsidegrossie etait placee dans un moule en bois.

II restait quelque chose ä faire quand il s’agissait de briquescuites ; mais on sait qu’a Thebes c’etaient des briques simplement se-chees au soleil qu’on fabriquait. En s’encourageant mutuellement äfaire des briques et a les mettre dans le feu, les enfants de Noe, dontla Genese nous signale l’audacieuse tentative, semblent nous apprendre