LA FAIENCE COMMUNE.
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d’argile blanche, sur laquelle les peintures etaient executees; puison etalait sur le tout un vernis plombeux a reflets nacres. Les anciensauteurs italiens sont nos seuls garants de l’existence des demi-majo-liques, dont nous ne connaissons aucun specimen.
LA FAIENCE EN FRANCE. BERNARD PALISSY. — En France , ce futla fa'ience fine qui fut fabriquee la premiere. Nous parlons ailleurs decette invention toute franpaise, connue sous le nom de fa'ienceHenri II, ou sous celui plus exact de fa'ience d’Oiron ; il ne doit etrequestion ici que de la fa'ience commune, non pas introduite, maisinventee de toute piece par l’illustre Palissy .
Fils d’un ouvrier verrier, ouvrier verrier lui-meme, BernardPalissy travailla dans diverses verreries francaises et probablementallemandes, occupant ses loisirs a parfaire son instruction negligeedans sa jeunesse, mais ne s’interessant evidemment, en dehors de cepoint, qu’ä son metier. II est certain qu’il visita l’Allemagne , et rien nes’oppose ä croire qu’il ait travaille äNuremberg, voire chez les Hirsch-vogel, potiers celebres, mais aussi non moins celebres peintres devitraux. Palissy avait, en effet, pour specialite la pourtraicture , oupeinture sur vitraux. Nous rappelons ces faits parce que les Alle-mands, et quelques Franpais apres eux, considerent Auguste Hirsch-vogel comme le maitre de Bernard Palissy . Nous n’aurions ä opposera de pareilles pretentions que les declarations de Palissy lui-meme,qu’elles nous suffiraient amplement. Lorsqu’un homme aussi integre,aussi probe, d’un esprit aussi eleve, ecrit : « Sans esgard que jen’avois connoissance aucune des terres argileuses, je me prins ächercher les esmaux, et estois comme un homme qui taste en tenes-bres, » je plains sincerement quiconque cherche ä demontrer qu’ilen a menti, car je suis certain qu’il n’a lui-meme « connoissanceaucune » de la sincerite. Mais il y a mieux : la celebrite des Hirsch-vogel en tant que potiers n’a pas precede de bien loin la date de 1550,date a laquelle, les premiers, ils firent de la poterie de faience des-tinee aux usages domestiques; or, Palissy etait de retour de sesvoyages, etabli ä Saintes et marie des 1535, et ses recherches cera-miques commencerent cinq ans seulement plus tard. Et puis, aurait-ileu tant de peine a reussir, s’il avait eu un maitre? Yraiment, la gloirequ’aurait a tirer Auguste Hirschvogel d’un eleve qui met seize ans äcuire proprement un pot de faience commune serait bien mince.
Apres seize annees de lüttes et de misere, Bernard Palissy vitdonc, avec une joie folle, sa derniere fournee de poterie sortir de son