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Tome premier.
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GRES CERAMES.

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on y appliquait dejä la glagure au sei marin. C’est ainsi que le docteurDwight, de Fulham, fabriquait en 1671 un tres beau gres, tantot gris,tantöt brun, d’une durete extreme, et que l’on considere de l’autre cötedu detroit comme la premiere poterie salt-glazed qui ait jamais existe,saus s’arreter ä la composition de la pate. Le musee de South-Ken-sington possede plusieurs de ces premieres pieces de gres, d’un meriteartistique assez serieux, parmi lesquelles une Statuette de la fille del’inventeur, Lydia Dwight, morte dans l’enfance.

II regne, du reste, une grande confusion dans les termes employespour designer les poteries executees a la fin du xvn e et au commence-ment du xvm e siede. Toutes les cervelles de potiers et de chimistesetaient en ebullition; la recherche de la pierre philosophale n’offraitplus d’attrait qu’ä quelques declasses, et comme moyen de faire desdupes; ce que les alchimistes les plus ambitieux cherchaient avecle plus d’ardeur, c’etait le secret de la composition de la porcelaine deChine . On se livrait aux melanges les plus extraordinaires, et on arri-vait ä faire de la porcelaine qui etait du verre, de la faience fine oudu gres, sans s’en douter; on inventait tous les jours des poteries nou-velles, plus belles les unes que les autres, mais qui n’avaient aucunrapport avec la porcelaine de Chine , dont le secret toutefois n’allaitpas tarder a se devoiler, pour recompenser tant de labeur, ä Tun desplus infortunes et des plus laborieux (par force) de ces infatigableschercheurs.

LE GRES « HARICOT ROUGE » DE SAXE. — Un ancien gargon apo-thicaire de Berlin , devenu alchimiste ambulant, operait en publicavec une si grande habilete, 'qu’il convainquit un grand nombre degens de son pouvoir de faire de l’or, et gagna en effet beaucoupd’argent a ce metier : cet habile alchimiste s’appelait Jean-FredericBoettger. II etait heureux et n’ambitionnait pas les grandeurs; il nedesirait qu’une chose, c’est que la race des dupes ne s’eteignit pas desitot. Par malheur, cette race a des representants dans toutes lesclasses de la societe, les plus elevees comme les plus viles, et sarenommee etait trop grande pour qu’elle ne parvint pas aux oreillesdes plus grands et plus illustres decaves.

Avoir a son Service exclusif un fabricant d’or qui ne vous coüte-rait presque rien, peut-on rever quelque chose de plus agreable en cemonde!... C’est ce que se dit l’electeur de Brandebourg, Frederic 1 er ,dont les affaires etaient justement embarrassees a cette epoque. II formadonc le projet de s’emparer du faiseur d’or, de l’enfermer dans la

A. Bitard. — Arts et Met. — Ed. J. Rouff. LlV. 21.