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LES AKTS ET METIERS ILLUSTRES.
forteresse' de Spandau (la forteresse aux milliards!) et lä, de le fairesuer de l’or jusqu’ä extinction de chaleur vitale. Mais Bcettger eut ventdu danger qui le menacait, et. ne voulant pas travailler pour le roi dePrasse, il passa la frontiere. II eüt aussi bien fait de rester oü il etait,car Frederic-Auguste I er , electeur de Saxe et roi de Pologne , dans lesEtats de qui il s’etait refugie, etait tout aussi gene que son voisin deBrandebourg et n’etait pas moins desireux que lui de se procurer del’or a bon marche. Bcettger fut donc arrete par son ordre et vit se refer-mer sur lui les portes de la forteresse de Koenigstein , au lieu de cellesde la forteresse de Spandau .
Frederic-Auguste se montra aimable et gracieux envers son pri-sonnier, n’exigeant de lui que peu de chose en somme : qu’il lui fitde l’or et lui apprit a en faire lui-meme. Bcettger s’executa de bonne*grace, ayant saus doute un peu d’or de reste dans le coin de son mou-choir; mais cela ne pouvait durer, et il commencait ä s’abandonner audesespoir avant meme d’avoir vide son sac.
Gependant, le savant Tschirnhausen , physicien, geometre, quel-que peu alchimiste et verrier habile, suivait assidüment, avec permis-sion — ou plutöt sur l’ordre — de l’electeur, les experiences de Boett-ger, dont il avait du reconnaitre la complete inanite des le debut.Tschirnhausen , avant decreer les verreries qu’il dirigeait, avait visiteles manufactures analogues et les poteries de l’Europe entiere; il etaitau courant, par consequent, de la plupart des travaux executes envue de decouvrir le secret de la porcelaine de Chine ; Bcettger s’etantconfesse a lui, il n’hesita pas ä lui conseiller de tourner ses recber-ches de ce cöte, certain qu’il y obtiendrait plus sürement des resultatsutiles. L’alchimiste de l’electeur de Saxe se mit ä l’ceuvre, et, ayantremarque que l’argile rouge de ses creusets se vitrifiait a une tempe-rature tres elevee, ce fut cette argile qu’il choisitpour ses experiences.Il y ajouta diverses substances ; et enfin, apres bien des tätonnements,il reussit a fabriquer cette belle poterie dite porcelaine haricot rouge ,tres recherchee pour sa rarete aujourd’hui, sous le nom de « vieux•Saxe, » et qui, en realite, n’est autre chose qu’un tres beau gres rougebrun, dur et opaque.
Comment peut-il se faire que Bcettger, dans un pays oü le grescommun etait soi-disant populaire, ait mis au monde un gres plus par-fait sans que personne s’apercoive de la nature de cette nouvelle po-terie? -T- Peut-etre le gres n’etait-il pas aussi populaire en Allemagne ,ä cette epoque, qu’on le pretend ; peut-etre aussi tenait-on, par amour-propre, a decorer cette poterie du nom de porcelaine : toutes les