Band 
Tome premier.
Seite
170
JPEG-Download
 

170

LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES

D’apres des documents trouves dans les archives de Modene parle marquis Campari, il semble, toutefois, qu’une manufacture de por-celaine existait ä Venise au moins des 1504. Ge document mentionne,en effet, un achat de sept scutelle di porcellana contrafatla, fait aVenise en septembre 1504. De plus, une lettre de Jacopo Tebaldo,ambassadeur du duc de Ferrare ä Venise, a Alphonse d’Este , sonmaitre, en date de mai 1519, parle d & jporcellana ficta. « Porcellana »est le seul mot qui nous importe dans tout ceci, et encore faudrait-iletre certain que c’est bien de vraie porcelaine qu’il designe, ainsi quenous le croyons.

Le temoignage de Vasari , au sujet de la porcelaine que Ton fabri-quait en Italie de son temps, a peut-etre ete recuse a la legere; caron a la preuve qu’une pension etait payee, en 1578, a la veuve deBattista de’ Gatti. maestro della porcellana di Sua Altezza (le duc deFerrare). Un frere de ce Battista avait connu avant lui le secret de lafabrication de la porcelaine, et la preuve que ce secret etait de quelquevaleur se trouve, a notre avis, dans l’anxiete montree ä son lit demort a propos de la question de savoir s’il mourrait sans le laisser apersonne. Cet homme, appele Camillo, d’Urbino , etait offlcier du ducAlphonse II. Le 21 aoüt 1567, il faisait a l’arsenal de Ferrare unevisite dont nous ignorons l’objet, lorsqu’un des gardiens, pour eclairerl’interieur d’une coulevrine, eut l’ingenieuse idee d’y introduire unechandelle fichee dans un bäton, sans s’inquieter de savoir si la pieceetait chargee... Et eile l’etait, par malheur pour Camillo et les per-sonnes qui l’accompagnaient! Quant a notre homme, il mourut de sesblessures en octobre suivant. Une piece datee du 25 aoüt 1567 leSignale comme un homme « d’une rare habilete pour la fabricationde la majolique ( majorca ) et possedant le secret de celle de la porce-laine. » Ce secret, sans doute, il le transmit ä son frere Battista.

En 1575, l’ambassadeur d’Alphonse II envoyait de Venise a sonsouverain un petit vase de fabrication venitienne, pour remplacer unvase semblable brise dans un precedent envoi; et, dans une lettre qu’illui ecrivait l’annee suivante, il est fait allusion a de grands vases deporcelaine executes par Camillo.

Mais si le secret de la porcelaine etait connu ä Venise, Ferrare ,Urbino et peut-etre ailleurs encore, au xvi e siede, nous avons vu qu’ilne l’etait point a Turin, et a plus forte raison en France et en Alle-magne, oü, de guerre lasse, eile allait etre reinventee avec le temps.

PREMIERES TENTATIVES. — Depuis que la porcelaine de Chine