Band 
Tome premier.
Seite
171
JPEG-Download
 

MSTOIRE DE LA PORCELAINE.

171

leur etait connue, pas un polier intelligent, pas un chimiste de quelquevaleur qui ne cherchat a en decouvrir la composition. Apres beaucoupde vaines tentatives, le potier franpais Claude Reverend obtint, en1660, une porcelaine artificielle offrant a peu pres l’aspect de la porce-laine veritable; mais, apres tout, ce n’etait que du verre. Yingt ansplus tard, par des moyens non moins compliques, Edme Potherat, deRouen , arrivait apeu pres au meine resultat; enfin les Chicanneau,de Saint-Cloud , corrigeant les produits de l’un et de l’autre, obte-naient, en 1695, cette belle porcelaine tendre, blanche et d’une trans-lucidite si parfaite, connue sous le nom de porcelaine vitreuse et souscelui de « vieux Sevres , » comme le gres de Roettger, dont nous avonsraconte l’enfantemeut et la mise au jour dix ans plus tard, devait pren-dre celui de « vieux Saxe. »

LA DECOUVERTE. — Or ce fut ce meme Roettger qui decouvrit labase de la pate a porcelaine dure, avec la collaboration, cette fois, nonplus de Tschirnhausen , mort depuis pres de deux ans, mais de sapropre perruque fraichement poudree a frimas.

La poudre etait de mode depuis peu d’annees, et l’on s’etait con-tente jusque-la de farine pour l’embellissement des perruques. Cettepoudre ne tenait guere, le moindre mouvement la faisait voltiger au-tour de la tete, et le lendemain d’une soiree de tetes poudrees, on au-rait pu recueillir sur les meubles du salon assez d’atomes de farinepour en faire un pain d’une livre, sans le renfort de pommade mis enrequisition pour la retenir; mais c’etait la mode, et il n’y avait rien adire a cela, quoique la plupart des gens nerveux eussent prefere autrechose. Un beau jour, flanant sur les bords de la Mulde , un quidammettait la main — ou le pied — sur une poudre beaucoup plus lourde,fine et blanche a souhait, — du moins sur une terre argileuse dont onpouvait aisement tirer une teile poudre. II en mit une poignee dans sapoche et, rentre chez lui, se livra sans retard a l’experience qu’il me-ditait. Le succes ayant couronne ses louables et genereux efforts, lanouvelle poudre fit son chemin, et la farine de froment fut abandonneeä son destin naturel, qui est d’etre petrie et transformee en pain.

UTILITE D’UNE PERRUQUE POUDREE. — Notre pauvre reclus d’al-chimiste n’avait aucune idee de cette revolution; si bien que, lorsqu’onlui apporta une perruque accommodee avec la nouvelle poudre, il seplaignit du poids et en demanda la raison. On lui apprit alors la Sub-stitution d’une poudre argileuse, inopinement decouverte pres du vil-