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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

läge d’Aue, a la farine dont sa perruque etait nourrie auparavant.Boettger etudia cette poudre, fit une visite au gisement d’argiled’oü on l’avait tiree, essaya de cette argile, qui se trouva etre laveritable terre a porcelaine, de son nom chinois kaolin, et fabri-qua ainsi, le premier en Europe , de veritable porcelaine. Frede-ric-Auguste etait enchante, et Boettger espera un moment qu’il allaitrecouvrer sa liberte; mais il n’en fut rien. L’electeur n’etait pas plusdispose a se separer de lui que s’il lui avait fabrique de l’or en lin-gots. En consequence, il lui fit construire des ateliers et des fours aDresde , et le fit piocher sous la surveillance de ses officiers, surveil-lance plus etroite que jamais. En meme temps, le chateau d’Albrecht,a Meissen , etait l’objet de travaux d’appropriation si activement pous-ses que, le 6 juin 1710, la nouvelle manufacture de porcelaine y etaitinauguree.

RECOMPENSE A LTNVENTEUR. — En attendant qu’il y füt lui-memeinstalle, Boettger etait conduit le matin a Meissen et ramene le soir äDresde , sous bonne et brillante escorte. lrrite de ce traitement, l’in-venteur, qui etait toujours cense chercher la pierre philosophale etdont les inventions n’etaient officiellement que des hors-d’oeuvre, negarda plus aucun menagement et declara a Auguste qu’il n’avait ja-mais su faire de I’or, qu’il n’en saurait jamais faire et qu’il s’etaitmoque de son Altesse electorale et royale; mais il y avait longtempsqu’Auguste s’en etait aperqu, et cette declaration ne modifia en rienses sentiments pour l’alchimiste, lequel mourait dans sa prison, de laperte de sa liberte, quelques annees plus tard.

LA PORCELAINE SE REPAND. — Pendant que ces evenements s’ac-complissaient en Saxe, la France , de son cöte, cherchait avec ardeurle secret de la porcelaine de Chine , demandant ä ses missionnaires desrenseignements qu’ils etaient peu en etat de donner, soit par igno-rance, soit parce que ce precieux secret etait mieux garde en Chine qu’il ne devait l’etre en Europe . Toutefois, en 1712, le P. Dentrecollesenvoyait des echantillons de kaolin et de petun-tse (feldspath granu-leux), qu’il disait etre les matieres Constituantes de la porcelaine etauxquels etait jointe une description des procedes de fabrication. Maisla geologie de la France etait peu connue ä cette epoque, et, au lieud’avouer cette ignorance et de faire des recherches, la Commission desavants chargee d’examiner les matieres en formulaaisementl’analyse,mais declara, avec non moins de nettete, qu’elles n’existaient pas en