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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

defaut; et que c’est avec le concours des ouvriers de cette manufac-ture que les nouveaux etablissements se fonderent, comme celui duDänemark , fonde des 1772 par un pharmacien du nom de Müller,qui fit venir a grands frais des ouvriers de Sevres dans ce but.

Mais voyons un peu comment se fonda elle-meme notre grandemanufacture nationale, dont la reputation est universelle.

LA MANUFACTURE NATIONALE DE SEVRES . — Nous avons deja ditque la porcelaine vitreuse, dite « vieux Sevres , » inventee par ClaudeReverend, avait ete amenee a son etat de perfection par les freres Chi-canneau, de Saint-Cloud. Cette manufacture de Saint-Cloud avait etefondee l’annee meme (1695), par le chimiste Morin, de Toulon , mem-bre de l’Academie des Sciences . En 1735, un modeleur et un peintrede cet etablissement, les freres Dubois, s’etablissaient ä Chantilly , sousles auspices du prince de Conde; et, en 1740, commandites par le sur-intendant des finances Orry de Fulvy, ils se transportaient au chateaude Vincennes . Des modifications dans la raison sociale, l’admmistra-tion et le personnel des ateliers, peu interessantes pour nous, se succe-derent jusqu’en 1753, epoque ä laquelle l’etablissement de Vincennes devint manufacture royale. Enfin il fut transfere, en septembre 1756,a Sevres , dans des bätiments construits expres sur l’emplacement etavec les debris du chateau de la Guyarde, ancienne maison de Cam-pagne de Lulli, demolie dans cette intention. Trois ans plus tard, la« manufacture de porcelaines et carafes » de Sevres devenait la pro-priete exclusive du roi Louis XV , son principal commanditaire, qui,par un arret de son conseil en date du 17 janvier 1760, s’efforgait deprevenir la concurrence en menacant les manufacturiers des peinesles plus severes, s’ils s’ecartaient du programme qui leur etait impose.

IL Y AVAIT DU KAOLIN EN FRANCE . — Avec tout cela, c’etait tou-jours de la porcelaine vitreuse qu’on fabriquait a Sevres . En 1761,l’un des fils du fondateur de la fabrique de porcelaine kaolinique deStrasbourg, puis de celle de Frankenthal , P.-A. Hannong, vendait äla manufacture de Sevres le secret de la fabrication de cette poterie.Mais on ne pouvait tirer parti de ce secret, puisqu’il n’y avait pas dekaolin en France! En 1764, le naturaliste Guettard trouvait presd’Alencon une argile se rapprochant fort du kaolin chinois, mais dontil ne put tirer qu’une porcelaine grise — non sans valeur, apres tout.Enfin, en 1768, la femme d’un Chirurgien de Saint-Yrieix (Haute-Vienne ) trouve dans les environs de cette ville une argile blanche dont