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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
On faisait fondre dans des creusets. Apres refroidissement, onpulverisait le cristal, on le delayait dans l’eau et le vinaigre jusqu’aconsistance de bouillie claire, et l’on versait sur les pieces; apres unepremiere couche, on en versait une seconde.
PORCELAINE DE TOURNAY. — La porcelaine tendre se fabriqueaujourd’hui principalement a Tournay . La composition de la paten’est pas la mente que celle du vieux Sevres , comme on s’en doute :c’est un melange d’argile, de craie et de soude, recouvert par uneglapure tres fusible, presque identique ä la precedente, et offrant ala cuisson les memes difficultes. Cette porcelaine ne va pas au feu;solide autrement, lourde, eile est remarquable par une teinte bleuätregeneralement attenuee par une deeoration en bleu.
PORCELAINE DE CHELSEA. — La porcelaine tendre naturelle estd’origine anglaise et vit le jour ä Ghelsea. Cette manufacture tutfondee par le marquis de Hertford , avec le concours d’ouvriers qu’ilavait fait venir de Dresde. Toutefois, quelques ecrivains anglais sup-posent qu’elle existait depuis 1730 et avait ete creee par les freresElers, que nous avons vus fuir Burslem en 1710 et dont nous n'avonspu retrouver les traees. On ne sait rien de bien precis sur les produitsde cette manufacture avant 1745, et meme avant 1750; c’est donc uneerreur de dire que la porcelaine qui porte son nom y fut decouverteen 1740. Sa prosperite n’alia pas, du reste, plus loin que 1765. Acheteeen 1769 par Duesbury, deja proprietaire de la manufacture de Derbyet qui dirigea les deux etablissements jusqu’en 1784, eile disparut äcette date, et ses ouvriers et son materiel furent transportes ii Derby.
Chelsea, dont la pretention etait de rivaliser avec Vincennes ,puis avec Sevres , produisit au temps de sa prosperite des ouvragestres remarquables, copies d’abord sur les modeles francais, puis surles modeles de Saxe et decores avec goüt de figurines, de fleurs, etc.,en relief, et des peintures les plus brillantes favorisees egalem ent parla couverte epaisse, en double couche et tres fusible, sur laquelle lescouleurs etaient appliquees, qui etait encore plus tendre que cellede la porcelaine tendre francaise, et remarquable en outro par desinegalites dues sans doute aux difficultes de la cuisson. On reconnaitencore les vieux Chelsea aux trois taches veuves de glacure qu’alaissees sous le fond le trepied sur lequel on les placait dans le four.
La pate, composee de feldspath, d’argile et de flint-glass, oucristal, craquait facilement au feu et ne pouvait etre ni reparee ni