240
LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES
tion Iucrative qu’il prend et qu’il abandonne a sa fantaisie, une pureoccupation d’amateur.
A ce point de vue particulier, la sculpture sur bois est encore undes arts les plus naturellement abordes par ceux qui ne savent a quelsaint se vouer, et, chose curieuse, mais qui ne depasse les facultescomprehensives de personne au monde, par les peuples sauvages, oupretendus tels, doues de quelque goüt artistique ou tout au moins d’unbon equivalent de cette precieuse faculte.
LA SCULPTURE SUR BOIS DANS LA NOUVELLE-ZIsLANDE. — On est
assez porte a croire que le progres des beaux-arts se manifeste enraison directe du progres de la civilisation, et Ton attribue en conse-quenee la decadence des arts chez les Grecs ä la perte de leur liberte.Gela peut etre ; mais nous allons montrer un peuple artiste moderneauquel, justement, ses premiers pas dans les sentiers fleuris de lacivilisation europeenne ont fait abandonner la pratique des arts.
Les habitants de la Nouvelle-Zelande , avant leur contact avec lesEuropeens propagateurs de la civilisation ä travers le monde, etaienten effet d’ingenieux et habiles sculpteurs en bois, quoique ignorantl’usagedu fer; leurs outils se composaient de ciseaux, de gouges etd’echoppes en jade vert fixes dans des manches de bois, et de grattoirsfaits du bord tranehant des coquilles de moules aiguises de differentesmanieres. Les plus habiles parmi ces artistes etaient les pretres outohungas; et certaines tribus etaient particulierement renommees pourla beaute de leurs ouvrages, dont beaucoup avaient coüte plusieursannees de patient labeur.
Ou le goüt et l’adresse artistiques des Maoris se donnaient pleinecarriere, c’etait principalement sur les monuments eriges a la gloirede quelque guerrier celebre ou autre personnage d’un rang eleve dansla tribu, ou sur la tombe d’une femme ou d’un enfant regrettes. Gestombes varient de forme et de grandeur, mais consistent ordinairementen une Sorte de cabinet pour l’admission du corps, d’une hauteur de3 metres a 3 metres et demi, couvert d’un toit oblique, en saillie,reposant sur des piliers detaches. Ges piliers, sculptes, representaientdes figures humaines superposees, ä l’expression grotesque et tirantdes langues enormes, les yeux incrustes de nacre. Toute la fagadedu tombeau etait ornee de figures semblables sculptees en bas-reliefset reunies par des entrelacs d’arabesques et des debauches de doublesspirales, d’un tres riche effet, du a la repetition du motif.
Les abat-vent des verandahs de leurs maisons et de leurs patickas f